Forum RPG post-apocalyptique, rock'n'roll, à prix cassé
 
AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 ☣ Jim

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Jim
Super scout
avatar

Messages : 401
Date d'inscription : 04/05/2013
Age : 22

Feuille de personnage
P.U.F.: Kachi'
Relationship:
Cash: 40

MessageSujet: ☣ Jim   Lun 10 Juin - 20:10

The Night is dark and full of Terrors.

    Prénom : Jim.
    Sexe : Gars.
    Âge : 25 ans.
    Origines : Américaines.
    Emploi : Aucun.
    Taille : 1m80.
    Corpulence : Il est finement musclé, plutôt maigre, et ne doit pas peser bien lourd pour son gabarit.
    Un lien avec l'un des membres du Refuge de Sun City ? Vague connaissance de Lily-Rose.



    Signes Particuliers :
    - Il a particulièrement peur des chiens.
    - Il ne sait pas lire, ni écrire d'ailleurs.
    - Tatouage sur l'épaule/bras droit.
    - Son avant-bras gauche est couvert de cicatrices. Pour vous donner une idée, il l'a tendu pour se protéger d'un gros chien. Sans succès, vu que son côté et une partie de son ventre sont également joliment cicatrisés. Il a également deux cicatrices d'impacts de balles à l'épaule juste sous la clavicule droite.

    Histoire :
    Spoiler:
     
    Maggie Haldane était une vieille femme ayant bien vécu. Comme beaucoup de personnes de son âge, elle se sentait un peu seule : son fils ne venait plus lui rendre visite, ses voisins n'avaient que faire d'elle, et elle n'avait personne d'autre. Elle vivait dans un quartier moyen de New York, où le danger avait un taux juste un peu moins important que celui de certains coins déconseillés du Queens. Bien qu'elle s'y soit fait voler son sac plusieurs fois, Maggie s'y plaisait. Peut-être parce qu'elle n'avait rien d'autre. "Rien" résumait plutôt bien sa vie, actuellement. Jusqu'au jour où en rentrant chez elle, alors qu'elle passait dans une ruelle plutôt calme, un raccourci jusqu'à son appartement, elle entende un léger bruit, qui lui paraissait familier. Un bruit qu'elle avait déjà entendu plusieurs fois, il y avait bien des années de cela. Poussée par la curiosité qui ne l'avait jamais quittée, elle se baissa sur une boîte en carton posée près d'une poubelle. Dans celle-ci, une couverture, et plus important que ça... un bébé. Son regard s'attendrit mais son coeur lui, se serra. Il semblait paisible et en bonne santé, ce petit, à la regarder avec de grands yeux curieux. Ça ne devait pas faire bien longtemps qu'il était là, il n'avait pas l'air sur le point de pleurer de faim. La vieille Maggie n'hésita pas une seconde : elle se pencha, prit le bébé dans ses bras, et repartit sur le chemin de la maison : elle était si seule. Elle s'occuperait de lui quelques jours avant de le remettre aux services sociaux, qui prendrait bien mieux soin de lui qu'elle ne le pourrait. Elle se sentait si vieille...

    Pendant trois jours, madame Haldane prit soin du petit : elle le nourrit, lui donna le biberon, lui chanta des berceuses et passa les moments les plus agréables de ces dernières années. Elle estima qu'il ne devait pas avoir plus de deux mois, et se sentait triste. Elle était triste qu'une mère finisse par abandonner son enfant, le laissant à un avenir incertain. C'était hélas courant dans certains quartiers. Et elle, c'était exactement ce qu'elle allait devoir faire. Il lui fallait le confier à des mains plus sûres avant qu'elle ne s'y attache de trop et regrette de ne pas être plus jeune. Alors au matin du quatrième jour, elle enveloppa le petit dans une fine couverture, sortit de chez elle et, les larmes aux yeux, se prépara à s'en séparer.


    « JIM ! SALE GAMIN, LACHE TON CAMARADE ! »
    « MAIS IL M'A VOLÉ MA POMME, IL A PAS LE DROIT ! »

    L'éducatrice, furieuse, se précipita sur les deux enfants, qu'elle sépara durement : l'un par le bras, l'autre en lui attrapant l'oreille. La douceur des responsables de cette maison de groupe du fin fond du Queens était légendaire, oui oui. Elle dit au premier d'aller "voir l'infirmière pour vérifier ce vilain coup" avant de se tourner vers le second qui malgré la douleur dans son oreille, tenait vivement tête à l'adulte avec un air de défi. Du haut de ses quatre ans, il en avait, du caractère. La femme le fusilla du regard : quel gamin insupportable ! Impossible de le faire obéir, de le tenir tranquille, de l'empêcher de frapper ses camarades pour un oui ou pour un non ! Elle le traîna donc jusqu'à sa chambre, dont elle ouvrit la porte et poussa le petit à l'intérieur avant de s'approcher de lui d'un air menaçant, la main levée en signe d'avertissement.

    « Qu'est-ce que tu veux, Jim ? Que je te punisse encore ? »
    « Laisse-moi tranquille ! »
    « Très bien. Pas de dîner ce soir. Tu restes dans ta chambre. » La lueur de la haine se lisait clairement dans les yeux du petit. « Et si je dois venir, pas de visite de madame Haldane ! »

    L'expression du gamin se décomposa d'un seul coup. Sa haine se transforma en peur, qui s'entendit clairement dans sa jeune voix.

    « Tu... t'as pas le droit ! »
    « Oh si j'ai le droit, alors maintenant SILENCE. »

    Et elle claqua la porte derrière elle, laissant Jim seul dans la petite chambre qui lui paraissait si grande, et qu'il ne partageait qu'avec une peluche représentant un loup. Madame Haldane la lui avait achetée. Elle était gentille, madame Haldane. C'était la seule personne gentille avec lui. C'était la seule qui l'aimait. Mais il ne pouvait pas lui dire, à madame Haldane, qu'elles étaient méchantes, les éducatrices. Bien sûr, elles ne l'étaient pas autant qu'il se l'affirmait, mais il était trop jeune pour toujours le saisir. Bref, il avait vite compris qu'il ne fallait pas inquiéter la vieille dame. Et il voulait la voir, alors il ne dirait rien et ne ferait rien d'autre que s'asseoir sur son lit, à imaginer des histoires qui ne lui arriverait jamais.


    « Maggie ? »
    « Oui, Jim ? »
    « Pourquoi ils sont tous partis, et pas moi ? »

    Le jeune Jim avait huit ans. Depuis quasiment sa naissance, il avait vécu dans cette maison de groupe et avait vu les enfants venir et partir, alors qu'il restait sur le côté. On ne lui trouvait pas de famille d'accueil, pas de parents prêts à lui donner une bonne éducation. Pas de chance, que les éducatrices disaient. La vieille femme soupira, posa une main sur la tête de l'enfant assis à côté d'elle.

    « Ils n'ont sûrement pas vu ce que je vois en toi. Un jour, quelqu'un d'autre le verra, et tu en seras heureux, mon petit loup. »
    Peut-être trop jeune pour tout à fait comprendre, Jim hocha la tête en se serrant contre la vieille femme, sa peluche entre eux deux.
    « Pourquoi je ne peux pas partir avec toi ? »
    Maggie ferma les yeux : elle était aussi déçue que lui.
    « Parce que les gens qui s'occupent de toi ici, et ceux pour qui ils travaillent, ont décidé que je ne pouvais pas m'occuper de toi tout le temps. »
    « Je les déteste. »
    « Au moins, ils me laissent passer un peu de temps avec toi, ce n'est pas bien ? »
    « Oui, mais je les déteste quand même. »

    Elle soupira. Jim était un gentil garçon, mais pas dans le bon environnement. Les éducatrices lui avaient fait part de sa violence et de son manque de respect. Pourtant, il était si calme avec elle. De toute évidence cet endroit n'était pas le meilleur pour lui pour grandir. Les autres enfants étaient tous plus jeunes, et ne restaient parfois pas longtemps : ils finissaient toujours par partir. Il n'avait pas le temps de s'attacher, de créer des liens, et de toute façon il n'avait pas l'air de vouloir en avoir. Sans oublier qu'il apprenait à peine : tout juste en classe, il se disputait avec ses camarades pour de bêtes choses et finissait puni, seul. Oui, ce garçon était trop souvent laissé seul. Il s'y faisait, et sa sociabilité venait à disparaître peu à peu, si jeune. Pour Maggie, c'était clair : il n'avait pas été suivi comme il le fallait. Si ça avait été le cas, il aurait appris à gérer ses réactions, les autres enfants l'auraient accepté et il serait parfaitement normal. Il n'aurait pas ses problèmes. Si seulement elle avait le pouvoir de le faire changer d'établissement... mais elle ne le pouvait pas. Pas de preuve, pas de raisons visibles, rien. Qui était-elle, sinon une vieille dame venant le voir une heure par semaine ?

    « Je t'assure, si je le pouvais, je resterais toujours avec toi, mon petit loup. »
    « Je voudrais bien, moi. »

    Elle l'étreignit d'un bras, ne manquant pas de lui sourire alors qu'il levait ses beaux yeux gris vers elle. Il n'en avait que faire, qu'elle soit vieille, qu'elle soit seule. Mais Maggie, et les responsables de Jim, savaient bien qu'elle était trop vieille. Le lui confier de manière permanente était bien trop risqué, ils ne pouvaient le permettre. Et pourtant, Jim en aurait eu tellement besoin. Il pourrait aller dans une vraie école, voir quelqu'un qui pourrait vraiment travailler ses problèmes de réactions violentes. En attendant, ils ne pouvaient qu'espérer que même à son âge, quelqu'un serait prêt à le faire entrer dans sa famille. En attendant, ils pouvaient espérer se voir encore souvent, pour partager ces moments de simplicité qui les apaisaient.


    « Tu vas finir à la rue, Jim ! »
    « Ouais. »
    « Tu t'en rends compte ?! »
    « Ouais je te dis. »

    L'éducatrice serra les poings. Bon dieu qu'il était insolent, cet ado. Il tutoyait quand il ne fallait pas, répondait, frappait, ne travaillait pas. Seize ans, et il ne savait toujours pas lire ! Pas étonnant, quand il faisait tout, déjà tout gamin, pour être jeté dehors ! Un cas désespéré, voilà ce qu'il était. Il n'irait nul part. Plus personne ne voudrait l'intégrer dans une famille d'accueil, avec un tel comportement et à son âge ! Pourtant, ce n'étaient pas elle et sa collègue qui se plaindraient de son départ. Mais il fallait faire avec, jusqu'à sa majorité. Elle ne s'en voudrait même pas, s'il venait à finir dans la rue une fois qu'il serait temps.

    « Excuse-toi. »

    Pour toute réponse, le jeune homme foudroya le garçon à qui il avait brisé le nez de son regard froid, manquant de provoquer un mouvement de recul chez celui-ci. Un bénévole, tout juste majeur, censé venir le distraire. Ah ah. Ça pour le distraire, il l'avait distrait. Assez con pour se foutre de sa gueule en faisant entre autre remarquer que "cette peluche ne peut pas être à toi, y a que les gamins qui ont encore des peluches" Mais je t'emmerde connard, qu'il s'était dit. Plus le poing qui allait avec, bien entendu. Bénévole, genre. Imbécile. Jim était sur les nerfs, ce qui avait aidé à le faire frapper plus vite encore que d'habitude : Maggie n'était pas venue, hier. Ce n'était pas ce type qui aurait du venir, c'était Maggie. Maggie venait toujours, alors pourquoi n'était-elle pas là ?

    « Je veux voir Maggie. »

    Le regard de l'éducatrice s'assombrit. Il n'aimait pas ça, il avait peur. Il pouvait sentir une boule se former dans son ventre. L'adulte indiqua au jeune de sortir, ce qu'il fit sans se faire prier.

    « Assieds-toi. »
    « Pas besoin. »

    Il la défiait, clairement. Jim devinait ce qu'elle allait lui dire, et pire : il savait exactement ce qu'il allait faire, à l'instant même où elle sortirait de la pièce. Il avait juste besoin de l'entendre, d'être sûr. La femme soupira, avant de lâcher, peut-être un peu trop froidement :

    « Madame Haldane est décédée il y a une semaine. Son coeur a lâché en revenant d'ici à chez elle. Elle était vi... »
    « TA GUEULE ! »
    L'éduc' stoppa net, dévisageant Jim d'un air choqué. Le jeune avait serré les poings et la fusilla de ses yeux gris, glacials.
    « Je sais et je m'en fous qu'elle était vieille ! Pourquoi vous me l'avez pas dit tout suite ?! Vous avez préféré attendre que je m'inquiète ! Connards ! »

    Sa colère, non, sa rage, était palpable. Il bouillonnait. Comment avaient-ils osés le lui cacher ? Maggie ne venait que pour lui ici, c'était la seule qui se souciait vraiment, qui ne le traitait pas comme une merde et un raté, et le respectait. Et eux, ils n'avaient rien dit, pendant une semaine. Il avaient attendu qu'il se rende compte qu'elle ne venait pas. C'était cruel, quoi qu'ils aient pensé. Juste cruel. L'aînée était outrée, mais il sentit une once de peur : elle craignait qu'il ne passe à une étape supérieure et ne la frappe, elle. Alors elle se contenta de sortir et de fermer la porte derrière elle. Pas une excuse, rien. Elle n'en avait rien à faire, de ce qu'il pouvait bien ressentir. Dès le premier jour où il l'avait emmerdée, elle n'en avait plus eu rien à foutre. Il projeta un coup de pied rageur dans la commode, une boule se formant dans sa gorge, comme si elle allait l'empêcher de bien respirer. Il sentit les larmes lui monter les yeux, accompagnées d'un horrible horrible de solitude. Il l'avait toujours été. Très jeune il avait rejeté tout le monde, sans raison. Il connaissait cette sensation, mais jusqu'alors elle ne lui avait jamais fait de mal. Parce que tous les dimanches, Maggie venait le voir. Ils parlaient. De choses de gosses, puis de trucs d'ados. Parfois de trucs d'adultes, comme le futur et la mort qu'elle sentait se rapprocher d'elle. Ils parlaient juste, assis l'un à côté de l'autre, comme un simple rituel. Leur moment, à eux. Les deux âmes solitaires, abandonnées par les autres. La jeune et la vieille.

    Jim soupira en se baissant pour prendre son sac, laissant la première larme couler le long de sa joue. Il y glissa d'abord la peluche qu'elle lui avait offerte il y a si longtemps, puis des caleçons, un pantalon, un pull et un t-shirt, ainsi que le peu d'argent qu'il possédait. Puis il posa sa main sur le porte de sa chambre, ferma les yeux. Maintenant qu'elle n'était plus là, il n'avait plus aucune raison de rester ici. Qui mettrait un garçon comme lui, réputé au poing facile, dans une famille d'accueil ? Qui l'adopterait encore, à son âge ? Maggie l'aurait fait, mais les couples, eux, n'avaient que faire d'un gosse déjà bien grand. Ils voulaient voir grandir, apprendre à marcher et à parler. Ce qu'il ne pouvait offrir. Il savait comment ça marchait. Quand un orphelin ne trouvait personne jusqu'à sa majorité, il finissait un jour ou l'autre à la rue. Or, il était hors de question qu'il soit jeté dehors. S'il devait finir comme ça, parce que personne d'autre que quelqu'un incapable de le garder à temps plein n'avait cru en lui, autant qu'il parte de lui-même. Frapper un dernier grand coup. Lorsqu'il rouvrit les yeux, ceux-ci étaient animés d'une détermination nouvelle : tout valait mieux qu'ici. Il était mieux seul, peu importe dans quelle merde. Il était mieux seul que détesté. Certes il n'avait pas fait grand chose pour être aimé, mais eux n'avait pas fait grand chose pour l'aider et lui apprendre à se maîtriser. Ils l'avaient créé ainsi. Alors il ouvrit brutalement la porte, et courut. Il courut entre les couloirs de la grande maison, esquiva deux gamins, poussa l'éducatrice qui revenait apparemment le voir, et finalement, sortit au grand jour. Il ne s'arrêta pas une seconde pour regarder en arrière. Il entendit juste une voix, crier derrière lui :

    « QUE QUELQU'UN L'ARRÊTE ! »

    Mais personne ne l'arrêta. Il était déjà loin, ils ne couraient pas assez vite. Pas assez rapides pour rattraper le loup rejeté fuyant la meute.


    En quittant la maison de groupe – sorte d'orphelinat, donc, Jim n'avait clairement pas choisi la vie la plus facile. Mais au fond, il n'avait pas tord : maintenant ou à sa majorité, il finirait au même point. Alors autant partir la tête haute, et foutre une jolie merde par la même occasion. On envoya les flics à ses trousses, posa des avis de recherche, sans succès. Le jeune Jim s'était évanoui dans la nature, et ne souhaitait clairement pas qu'on le retrouve. Six mois plus tard, il était dans le Bronx et se faisait discret. Surtout quand il entrait dans une épicerie y voler de quoi manger comme si de rien n'était. Le coin n'était pas vraiment conseillé aux blancs, mais était également le parfait endroit pour se planquer : la police ne pensa jamais à venir le chercher dans un quartier pareil, et ne tardèrent pas à abandonner les recherches. Il se devait cependant de faire profil bas, étant toujours mineur et ne souhaitant pour rien au monde se retrouver à nouveau aux mains des services sociaux. Alors, il se fondit dans la masse jusqu'à ce que sa croissance le rende plus vieux que son âge. On ne lui chercha pas de noises. Il était sale et maigre, ne possédait rien qui vaille la peine d'être volé, ne cherchait pas d'ennuis tant qu'on n'en cherchait pas chez lui. Enfin, avec un caractère comme le sien, il manqua plusieurs fois d'être tabassé, mais s'en sortait de justesse. Si d'apparence il semblait assumer et gérer sa situation, il fut un jour où Jim se sentit terriblement désespéré. Un soir d'hiver, durant lequel il crut bien que le froid le tuerait. Durant lequel il douta, pour une seconde.

    Il marchait, respirait l'air glacial, à la recherche d'un endroit où dormir. Autre chose qu'un porche, un carton, ou le sol froid. Quelque chose d'un peu plus chaud. Ne serait-ce qu'un bâtiment désaffecté. N'importe quoi qui ne soit pas dehors. L'adolescent avisa un homme, bien emmitouflé dans sa chaude veste et son écharpe, il approchait de la porte d'un appartement moyen qui devait être le sien. Jim couru un peu pour le rattraper, s'apprêtant à faire ce que dans toute sa vie, il n'avait jamais fait.

    « M'sieur ! M'sieur vous pouvez m'aider ? J'suis perdu... je... j'ai nul part où aller... vous pouvez pas m'indiquer un endroit sûr où dormir ? »

    Il n'était qu'un gosse désespéré et fatigué. Mais l'homme ne s'arrêta pas. Il continua d'avancer, prétendant de ne pas l'entendre. Il sifflota même en traversant la rue, comme s'il était seul et que ce jeune qui l'avait presque supplié de simplement lui conseiller un coin plus chaud que l'extérieur n'existait pas. Jim s'arrêta net, au milieu de la route. Son désespoir se transforma en une colère froide, qu'il canalisa dans ses poings qu'il serra jusqu'à ce que les jointures deviennent blanches. Il en oublia la morsure de l'air sur son corps. Il comprenait, finalement, ce qu'il avait toujours su. Ce pourquoi il n'en avait jamais rien eu à faire de personne, pourquoi on ne s'était jamais intéressé à lui, pourquoi personne d'autre que Maggie n'avait regardé plus loin que ses gros défauts. Pourquoi cet inconnu l'avait ignoré, comme tous les autres.

    Les gens n'en ont tout simplement rien à faire.


    Le moment où les choses se compliquèrent plus que ça n'était déjà le cas – survivre, au froid de la nuit, parfois du jour, trouver à manger, était un combat quotidien – fut lorsqu'il se lança dans le commerce. Le commerce du coin. Il s'était grossièrement coupé les cheveux, et son état physique donnait l'impression qu'il approchait de la majorité. Connu pour traîner dans les coins sombres du Bronx depuis un an et pour savoir se défendre, il entra plutôt facilement dans le business. Business qu'il géra en solo. Il vendait le produit, payait une part au fournisseur, gardait la sienne. Il ne consommait rien. Mais vient toujours un moment où l'on garde un peu plus que ce que l'on devrait. Et au bout d'un moment, ça finit par causer problème. Pendant deux ans, Jim fit bien le travail qu'on lui confiait. Bones, le fournisseur, était satisfait des services du jeune homme, jusqu'au jour où il eut du mal à avaler l'excuse que son dealer préféré – qui notons-le, n'en avait rien à foutre de lui et ne passait pas plus de temps avec lui que celui des transactions – lui sortir lorsqu'il lui demanda ce qu'il avait foutu de ses 500 dollars.

    « Tu quoi ? »
    « J'les ai perdus. Mais j'te rembourserai. »

    Il ne le croyait pas une seconde. Pourtant, c'était la vérité. Ou presque. On l'avait bousculé, il était tombé, et quand il s'était relevé... plus rien. Bonne pioche pour ce pick pocket. Pas de chance pour Jim.

    « Te fous pas de ma gueule, gamin. »

    Bones serra la prise sur la laisse de son molosse, qui grognait à son côté. Une mise en garde claire, que le jeune homme soutint d'un regard froid. Il savait que le danger était présent : le dealer n'acceptait pas une seule erreur. Surtout sur une somme comme celle-là. Surtout venant d'un gosse de dix-neuf ans à la mauvaise tendance d'être trop insolent à son goût. De plus, il se doutait à l'attitude menaçante de l'homme qu'il avait compris que Jim avait trouvé un moyen de garder un peu plus d'argent qu'il ne lui avait autorisé. Et ça, c'était l'erreur qui transformait la seconde en sa dernière.

    « Déconne pas, Bones. »

    Il n'était pas assez stupide pour se trouver des excuses, l'autre n'en accepterait pas. Tout comme il ne le croyait pas capable de le rembourser. Et il n'avait pas tord, au fond. Pas la peine de retarder l'inévitable : on lui ferait payer durement son "incompétence" et sa "trahison". Le tuer ? Pourquoi pas, après tout, ce n'était qu'un pauvre gamin sans domicile. Remplaçable. Ce genre d'affaire arrivait souvent par ici, comme si les flics allaient se soucier plus que ça d'un sans abri. Il n'y avait que ça par ici. Des jeunes aux destins brisés, des prostituées, ... tous les genres de crasse que l'on pouvait trouver à New York étaient concentrés dans ce quartier miteux.
    Bones se pencha alors légèrement, approchant sa main du collier de son chien, qui ne tenait plus en place.

    « Tu savais qu'on ne merde jamais avec moi, hein ? »
    « Ouais. »

    Si t'avais pas été le seul à me proposer ce job, c'est pas chez toi que je serais allé. Jim cherchait une issue du regard, mais n'en trouvait pas : il n'avait pas d'arme, il y avait un type derrière lui et deux devant. Mais la petite rue commerçante n'était pas si loin. S'il pouvait... non.

    « Désolé, Jim. Pas de troisième chance. »

    Et avec un ordre sec, il lâcha la bête. Le jeune n'eut pas le temps de penser qu'avec un autre maître, l'animal aurait pu être un gentil toutou. Elle fut rapidement sur lui, attrapant entre ses crocs le bras qu'il lui tendait en guise de défense. Debout, il ne resta pas longtemps : avec l'impression que son avant-bras était réduit en charpie, la douleur, la peur et la force du chien, il ne tarda pas à tomber au sol. Quant au molosse, il finit par abandonner sa prise pour s'attaquer à celle qui s'offrait à lui : le flanc du jeune homme, complètement sans défense, qui se débattait tant bien que mal pour s'assurer qu'il ne blesserait pas son visage, hurlant et lâchant des insultes dont il ne se rendait même pas compte de l'absurdité. Après deux longues minutes de lacérations et de morsures – oui c'est long, très très long, Jim crut bien qu'il allait mourir. Ses résistances étaient au plus bas, et il abandonnait.

    « MERDE, VLÀ LES FLICS ! »

    Le jeune ouvrit brusquement les yeux qu'il venait de clore. Même le chien, surpris par le bruit, desserra pour une seconde sa prise. Jim prit sa chance au vol, en réagissant au quart de tour : il recula, balança un grand coup de pied dans la gueule du molosse, avant de se lever et de déguerpir, profitant de la soudaine agitation pour s'enfuir à toutes jambes, s'éloignant ainsi de son ancien employeur, des crocs de l'animal, et des lumières des gyrophares de la voiture de police qui lui avait, pour l'instant, sauvé la vie.


    Rapidement à bout de souffle, même en marchant, Jim du batailler ferme contre sa condition physique pour atteindre sa destination : Central Park, Manhattan, qui offrait de nombreuses cachettes où il pourrait passer la nuit. Derrière un arbre, sous d'épais buissons, derrière un banc, à cette heure-ci plus grand monde ne faisait attention à ce qui se trouvait autour d'eux. Il n'avait pas choisi le lieu le plus proche du Bronx, mais là était le but : placer une distance minimum entre Bones et lui. Il avait pris le metro avec un vieux ticket et n'avait pas eu trop de mal à passer inaperçu : cachant ses blessures sous sa veste en serrant son bras abîmé contre son flanc et son ventre, personne, obscurité aidant, n'avait remarqué qu'il avait sans aucun doute besoin de soins. Arrivé dans le parc, il finit par trouver un banc dans un coin peu éclairé. S'il se mettait derrière, il y avait peu de chance d'être vu. Et il lui en faudrait fort peu pour que quelqu'un de mal attentionné s'assoie comme par hasard dans son dos. Un autre genre de personne partirait fort vite s'il se rendait compte qu'il n'était pas seul. Au pire, il n'avait qu'à essayer de ne pas gémir comme un animal blessé.

    Sauf qu'il était installé depuis à peine une quinzaine de minutes, réfléchissant autant que sa concentration le lui permettait au meilleur moyen de se procurer du désinfectant et des bandages pour se soigner un minimum - il n'avait que faire de comment ça cicatriserait, du moment que ça ne s'infectait pas et que les plaies finissaient par se refermer – quand il entendit quelqu'un s'asseoir sur le banc. Putain. De tout le parc, à cette heure où quasiment aucun des autres n'était occupé, une personne venait de se poser sur celui derrière lequel il se cachait. La chance n'était décidément pas avec lui. Le soupir qu'il lâcha aurait été discret et inaudible si un élan de douleur ne l'avait pas secoué à cet exact moment, le poussant à grimacer en laissant entendre un de ces sons exprimant la souffrance, tel que "gnnnh". Et l'autre là, qui squattait son banc, se retourna lentement. C'était une jeune fille, dont les cheveux étaient de toute évidence aussi noirs que la nuit, dont il put distinguer l'expression surprise de par les grands yeux qu'elle lui offrit. Son regard tomba sur le sang dont il était recouvert – enfin, surtout son t-shirt désormais foutu qu'il utilisait pour appuyer sur ses plaies, et au lieu de partir comme si elle n'avait rien vu, trop effrayée comme il s'y était attendu, la gamine se leva pour contourner le banc et... s'accroupir en face de lui. Mais... mais dégage ! Froideur, douleur et méfiance étaient tout ce qui émanait de Jim, et tout ce qu'il voulait laisser transparaître. Qui était cette gamine pour s'approcher comme ça de lui ? Il n'était pas un putain d'animal de foire agonisant. Il lui adressa un regard clair : il ne voulait pas d'elle dans son champs de vision.

    « Casse-toi, sale gosse. » cracha-t-il presque.
    Son ton était sec et agressif : son humeur était loin d'être excellente, les blessures n'aidant pas, et la dernière chose dont il avait besoin était qu'on s'intéresse à lui. Enfin, ça c'était ce qu'il s'était mis en tête.
    « ... Tu peux parler. »
    Que... ? Il lui lança un air de tueur, appréciant très peu qu'elle lui cause ainsi, mais un minimum impressionné par son répondant.
    « Quoi, tu veux ma photo ? »
    « Comment ça t'es arrivé ? »
    « Ça te regarde ? »
    « Vu ton état... »

    Il grommela. Qu'est-ce qu'elle avait à lui faire la discussion aussi familièrement, celle-la ? Il ne la connaissait pas, elle non plus. C'était une gamine, et lui ressemblait à ce qu'il était. Pourquoi ne l'ignorait-elle pas, comme tout le monde l'avait toujours fait ? Elle fronça alors les sourcils et lui attrapa vivement le bras qui serrait ses blessures, ce qui eu pour effet de le faire se crisper.

    « Ne tou... AH MAIS PUTAIN ÇA FAIT MAL, FAIS GAFFE ! »
    Son regard d'émeraude s'assombrit à la vue du trop plein de sang qui lui tâchait tout le ventre.
    « Bouge pas crétin, tu vas te faire encore plus mal. »
    « Ouais, c'est ça... » Il continuait de la regarder avec distance : personne ne le touchait jamais, personne. Qui lui en avait donné l'autorisation, hein ? Certainement pas lui !
    « T'es dans un sale état, t'as rencontré un chien enragé ou quoi ? »
    « ... » Ahah, marrant. Il ne répondit pas, mais la fixa avec sérieux.
    « Tu vas pas aller très loin si tu continues comme ça. »
    « Pas envie d'aller loin. Et si tu me foutais la paix ? »
    « Et si tu la fermais ? »
    Il l'assassina du regard alors qu'elle lui tirait puérilement la langue.
    « Je suppose que tu pourras pas t'enfuir très loin dans cet état mais reste là. »
    « Pas besoin d'aide, casse-toi petite. »
    « Je reviens. »
    « J'AI PAS BE... et merde. »

    Il frappa le sol poussiéreux et terreux de son poing. Évidemment qu'il ne pouvait pas aller bien loin, mais s'il l'avait pu il aurait mis la plus grande distance possible entre cette grande gueule et lui. Lorsqu'elle revint finalement, Jim ne lui adressa pas un seul coup d'oeil. Il fixa ses pieds comme s'il ne l'avait pas vue. Ne pouvait-elle pas le laisser se débrouiller tout seul ?

    « T'es blessé où d'autre ? »
    Il grommela une fois de plus, pour seule réponse.
    « C'est quoi ton nom ? »
    Le jeune homme leva les yeux au ciel.
    « ... Jim. »
    « Bon, écoute Jim, si tu restes là à te vider de ton sang comme ça, tu vas crever dans les heures qui suivent, alors sois un peu coopératif. »

    Son regard, toujours aussi distant, finit par se poser sur elle. Pas besoin d'aide, qu'il se répétait. Pourtant il voyait les bandages et le désinfectant, et savait qu'il en avait terriblement besoin. Il ne voulait juste pas qu'on s'occupe de lui. Il était très bien tout seul. Mais sur ce coup-là, il ne pouvait pas prendre les objets et se casser en courant avec. C'est donc avec peu d'entrain qui lui tendit son autre bras, joliment lacéré.

    « Ca fera pas mal. »
    « Tu me prends pour un con ou quoi ? »
    « Pas aussi mal que le chien enragé que t'as croisé »
    « Mouais... »
    « Montre moi tous les endroits où t'es blessé. »
    « T'les as sous les yeux. »
    « J'vois pas tout imbécile ! J'te signale que le soleil est plus au dessus de ta tête. »

    Elle finit par déterminer les zones blessées de son avant-bas – aka celui-ci au complet – et y versa allègrement l'a lcool, qui évidemment, rendit la douleur encore plus difficilement supportable. Il serra les dents pour ne pas pousser un cri, ne pouvant retenir malgré tout un gémissement, se dégagea brutalement et serra son membre blessé contre lui comme si sa souffrance allait s'apaiser.

    « Laisse toi faire chochotte. »
    « Hey, c'est pas sur tes blessures que tu fous de l'alcool, madame je-m'intéresse-à-la-vie-des-inconnus ! »
    « Ben moi j'me fais pas attaquer par des chiens enragés. »
    « Ouais c'est ça, t'as bien de la chance. »
    « Donne moi ton autre bras. »
    « Il a rien l'autre. »
    « Tu comptes finir achevé avec la rage ? Laisse moi vérifier... »

    Il le lui tendit à contre coeur en levant une fois de plus les yeux au ciel alors qu'elle "vérifiait". Lui ne savait même pas pourquoi il se laissait chipoter comme ça par une gamine, ce n'était pas son genre du tout. Elle le laissa récupérer son bras qu'il s'appliqua à bien éloigner d'elle, avant de s'intéresser à son côté et une bonne partie de son ventre, le poussant à gémir une fois de plus lorsqu'elle frôla les plaies à sang du bout du doigt. Ce qu'il pouvait détester se sentir si vulnérable. Et elle, elle s'approcha un peu plus encore.

    « Hey hey, qu'est-ce... »

    Et zbam, nouvelle dose d'alcool ! Il manqua de se mordre la langue, lâcha quelques jurons sur le coup. Il prit une bonne trentaine de secondes avant de reprendre son souffle, épuisé, alors que la gamine commençait à lui bander doucement le bras et le côté. Lui grimaçait, la pression sur ses blessures n'étant pas des plus agréables.

    « ... pourquoi tu m'aides ? »
    « ... Chacun... mérite d'être... aidé. »
    Elle pesait chacun de ses mots, ça s'entendait. Et il ne savait pas trop quoi en penser. Jim baissa simplement les yeux, un peu réticent mais pas moins sincère.
    « ... merci. »
    « Y'a pas de quoi. »
    Il put deviner un sourire malgré l'obscurité de la nuit, leurs visages étant pâlement éclairés par un lampadaire.
    « Tu vas pas avoir maligne en rentrant. »
    « Je suis tombée. »
    « Pas sûr que ça soit crédible. » Une nouvelle grimace se dessina sur ses traits alors qu'il se redressait un peu, épuisé.
    « Si, je suis tombée en courant sur les mains et me suis frottée à mes vêtements. »
    « T'as rien sur les mains. »
    « De toute façon, ça change pas trop d'habitude. »

    Elle toussota alors qu'il haussait les sourcils, mais il ne chercha pas à comprendre plus que ça. Pas ses affaires. Et là, la gamine prit la première pierre coupante qu'elle trouva et s'entailla les paumes. Lui ouvrit de grands yeux surpris. Mais c'était qui pour une gamine celle-la ?

    « Mais qu'est-ce que tu fous ?! »
    « Je tombe. »
    « T'es vraiment... jsais pas. »
    « Vraiment quoi ? »
    Il haussa les épaules.
    « Bon t'es gentille mais tu devrais rentrer chez toi, c'pas sûr ici la nuit. »
    « Je vais tomber sur des gens comme toi peut être ? »
    « Ouais. En moins patient. »

    À cela il ajouta un regard froid. Jim pouvait bien être plus au moins agréable cinq minutes, mais sa première expérience de la reconnaissance touchait à sa fin. Elle l'avait aidé, avait été gentille, bien. Merci. Maintenant casse-toi.

    « J'ai déjà vu pire... »
    « Ah ah. »
    Elle soupira pour seule réponse.
    « Erm, avant que tu dégages... c'quoi ton nom ? »
    « Lily... Lily-Rose... »

    Tant de délicatesse dans cette question. Il hocha la tête, pensant que ce nom était joli mais n'en laissant rien paraître. Lily se releva enfin en remettant une mèche de cheveux derrière son oreille, dévoilant une longue cicatrice sur sa joue. Tiens donc. Il fronça les sourcils, hésita.

    « ... hey, fais gaffe à toi, petite. »
    « Comme je t'ai dit, j'ai vu pire, et je verrai pire après être rentrée. »

    Elle ramassa son sac, laissa le matériel médical près de lui. Jim l'observait, sentant une part de lui se poser des questions. Ce n'était pas son genre, qu'il pensait. Mais la vérité, c'était que même s'il ne l'avouait pas, il s'en souciait. Il ne pouvait pas ne pas se soucier de la première personne qui s'était intéressée à lui depuis qu'il vivait complètement seul, aussi désagréable et distant pouvait-il être envers elle.

    « ... je te raccompagnerais, si j'pouvais. »

    Le jeune homme se rendit compte qu'il admettait enfin que son état était pourri, et qu'au fond, cette aide lui avait peut-être bien sauvé la vie. Elle lui sourit et avant qu'il n'ait pu reculer, elle déposa un baiser sur son front. C'était très certainement la situation la plus étrange de toute sa vie.

    « Prend soin de toi gamin. »

    Et elle s'éloigna. Comme ça. Pendant une dizaine de minutes, voire moins, elle l'avait traité comme une connaissance, sans raison. Tout le monde n'était peut-être pas égoïste, finalement.


    Se remettre de ses blessures fut clairement une des choses les plus difficiles que Jim ait eu à vivre : il dut se glisser dès le lendemain en douce dans le bâtiment désaffecté dans lequel il s'était installé depuis quelques mois afin d'y récupérer ses maigres affaires, éviter les coins auxquels il était habitué afin de ne pas tomber sur Bones qui avait, d'après ce qu'il avait entendu, une fois de plus échappé aux flics, et trouver un nouvel abri. Heureusement que le printemps était là, sans quoi il savait qu'il n'aurait pas survécu longtemps dans son état. Mais le pire, sur le moment, fut sa décision de se séparer de ses cheveux en bataille. Il ne comptait pas partir bien loin – un minimum, mais pas trop, et se raser fut la meilleure solution qu'il trouva pour limiter les chances d'être reconnu, en tout cas de dos et de certains points de profil. Ainsi, après s'être dégoté de la nourriture et de l'eau pour quelques jours durant lesquels il se reposa et prit soin de lui derrière les buissons de Central Park, il vola dans un nightshop un rasoir, et espéra une bonne drache, qui ne vint qu'une semaine plus tard. Pas de douche, quand on n'a pas de maison. Et il ne pouvait même pas aller dans les centres offrant leurs services aux gens comme lui. Étant encore mineur, c'était bien trop risqué à son goût. Une fois le crâne lisse, il faisait encore plus bad boy qu'avant, mais se sentait un peu plus rassuré : on ne rigolait pas avec Bones, et tant qu'il ne se sentirait pas en état de changer de quartier, mieux valait faire profil bas.

    Ainsi, Jim attendit que ses plaies soient refermées pour retourner dans le Queens, son quartier natal.
    (X temps plus tard...)

    « Jim ? »

    Le jeune homme, majeur depuis un an maintenant et ne craignant ainsi plus les services sociaux, leva les yeux de son sac dans lequel il fouillait à la recherche d'on ne savait trop quoi, pour laisser son regard gris croiser celui de... elle ?! Il ferma brutalement la tirette et jeta le sac sur son épaule en ignorant royalement l'éducatrice de sa bonne vieille maison de groupe, qui le regardait comme si elle était face à un fantôme. De toute évidence, elle avait cru pendant toutes ces années – disparu depuis huit ans, rappelons-le – que le garçon instable dont elle avait eu la charge et avait été incapable de maîtriser de la bonne manière, le poussant à la fuite, était mort. Elle n'en croyait pas ses yeux, et il y avait de quoi. Grand, maigre, sale, une fine couche de cheveux recouvrant son crâne, un tatouage dépassant de sous son t-shirt, l'un des avant-bras couvert de cicatrices franchement pas jolies à voir, il n'avait plus rien de l'adolescent rebelle et selon elle ne connaissant rien de la vraie vie, qu'elle avait vu grandir.

    « Que... que t'est-il arrivé, Jim ? »

    Son expression se durcit un peu plus alors qu'il s'arrêtait dans son mouvement pour tourner la tête vers elle et dégager avec force son bras de l'emprise de la main qu'elle venait d'y poser. Il la fixa froidement, par des yeux qui couvaient clairement un dégoût profond. Il ne lui avait toujours pas pardonné pour la manière dont elle l'avait parfois traité, pour son manque de patience, pour le rien d'efforts qu'elle avait fourni afin de comprendre ses réactions, ses besoins, et plus que tout le temps qu'elle avait pris pour lui annoncer le décès de Maggie. Comme si elle avait cru qu'il n'en aurait eu rien à faire, alors que la vieille femme avait été la seule chose comptant pour lui pendant ses années dans la maison. Alors il la fixa droit dans les yeux et répondit simplement :

    « La vie. »

    Puis il se tourna et partit, la laissant en plan sans aucune autre explication, sans un dernier regard en arrière. Il n'avait rien à lui dire. Il n'avait rien à dire à personne, et encore moins à quiconque avait croisé sa route à cette époque. Ils n'en valaient pas la peine.


    « Merde merde merde. »

    Tout l'état d'esprit de Jim, en un mot. Sûrement comme tout le monde, il ne comprenait absolument rien à ce qu'il s'était passé. Rien de chez rien. Ils avaient débarqué soudainement, comme sortis de nulle part. Les zombies. Les morts qui marchent. Le jeune homme, sortit de son sommeil en pleine après-midi, avait prudemment passé la tête hors de son abri en entendant des hurlements provenir des rues. Un regard à l'extérieur et il les avait vus, marchant lentement mais pas moins dangereux. Sous ses yeux, à quelques mètres, il avait assisté à la mort atroce d'un homme, dévoré par plusieurs créatures. D'abord, Jim avait cru être en plein cauchemar. Impossible. Ce ne pouvait juste pas être réel. Et pourtant, il savait que ça l'était justement trop pour être un simple et inoffensif rêve. Alors il avait attrapé son sac, était sorti et en courant, avait atteint l'échelle de secours d'un bâtiment voisin : objectif, le toit. Contrairement aux hommes et aux femmes terrifiés dans les rues, il optait pour une solution plus restreinte mais plus sûre que de courir dans tous les sens.

    Une fois les nombreuses marches grimpées, il se précipita au bord afin de jeter un oeil en bas : ce qu'il vit manqua de lui glacer le sang. C'était le chaos le plus total. L'apocalypse, même. La vermine grouillait, les habitants fuyaient pour se retrouver face à des barrages de monstres. Il en venait de partout. Ça faisait peut-être des heures qu'ils avaient atteint la ville... le jeune n'en savait rien. Il dormait, n'avait ni télévision, ni radio, ni qui que ce soit pour prévenir. Il n'avait tout simplement rien vu venir. Désormais, le Queens se transformait en bain de sang. Tout ça était tellement... irréaliste. Jim se retrouva finalement à faire des allers-retours, à tourner en rond sur le toit comme un animal en cage, ignorant complètement ce qu'il avait à faire. Il ne comprenait pas, n'acceptait pas. Ce n'était pas possible. De telles choses n'existaient pas. Le monde ne pouvait pas être si... normal, et soudainement être envahi de créatures qui la veille, appartenaient au monde fantastique créé par les hommes.

    Ce n'était juste pas imaginable.


    Pourtant, trois mois plus tard, Jim ne pouvait plus rien nier : les zombies existaient bien, le trois-quart de la population de New York avait été décimée, et il survivait, encore et toujours. Au fond, à part qu'il lui fallait être encore plus discret qu'avant, il n'avait pas franchement l'impression de voir une grande différence entre avant et après la vague. C'était quasiment pareil, à ses yeux. Le taux de mortalité extrêmement haut, et les rôdeurs en plus, bien entendu. Durant ces dernières semaines, le jeune homme n'avait pas vraiment rencontré de problèmes. Il lui était plus facile de voler objets et nourriture, mais il se contentait du strict minimum. Ainsi, à part un couteau de commando qui lui servait beaucoup, un nouveau t-shirt et un sweat, il ne s'était rien déniché d'autre. Cependant, il n'allait pas tarder à comprendre que désormais, simplement entrer dans un magasin pouvait s'avérer être une grave erreur.

    Jim avait pris la décision de se rendre dans un supermarché, afin d'y récupérer de quoi manger pour les prochains jours, ainsi que du matériel médical qui pouvait toujours s'avérer utile lorsqu'il se faisait malencontreusement griffé par une goule. La plupart des épiceries avaient été dévalisées, et il ne restait que les quelques grandes surfaces. Étrangement, Jim les craignait. Ces endroits ne devaient pas être sûrs : ça grouillait certainement de zombies, voire pire. Des groupes de survivants pouvaient très bien s'être installés dans ces lieux facilement défendables si on en protégeait bien les entrées, après avoir réalisé un nettoyage. Il était cependant obligé de s'y rendre, et n'aurait qu'à croiser les doigts pour qu'il ne fasse aucune mauvaise rencontre. Effectivement, il pensait à des êtres bien vivants en parlant de ça.

    Mais connaissant sa chance légendaire, nul doute qu'il finirait au mauvais endroit. À première vue, le magasin était désert. Le jeune homme déambulait dans les rayons, impressionné. Franchement, il n'était encore jamais entré dans un supermarché, et autant de produits concentrés en un seul et unique endroit l'impressionnait fortement. Jim passa cinq minutes à chercher le rayon des barres alimentaires et de la viande séchée. Il ne préférait pas opter pour des conserves : ça pesait bien plus, et était donc fort peu pratique quand on a besoin de se déplacer avec une certaine fluidité de mouvement. Bref, quand il le trouva enfin, le jeune tendait la main vers ce qui allait le nourrir pour un moment quand une voix résonna dans son dos.

    « Hey, qu'est-ce qu'il fout là lui ? »
    « Cet imbécile de Tony est censé garder l'entrée ! »

    Jim fit rapidement volte-face pour se retrouver face à deux hommes. Un grand baraqué et un gars de corpulence normale, mais au flingue quelque peu inquiétant. Face à celui-ci qu'on pointait sur lui, il leva les mains, raisonnable : il ne faisait pas le poids. Si ces types n'avaient pas été armés, il aurait tenté quelque chose. Là, c'était se condamner. À moins que ça ne soit déjà fait.

    « C'bon les gars, je vais partir. J'ai rien pris. »
    « T'en penses quoi, Harry ? »
    « Foutons-le dehors. »

    Le sang du jeune homme se glaça. Le regard qu'ils avaient échangé ne lui disait rien qui vaille. Il savait comment ça marchait. Ces hommes s'étaient appropriés le supermarché, c'était leur domaine désormais. Ils avaient placé l'un des leurs à l'entrée afin de dissuader les potentiels curieux venant chercher de quoi survivre un peu plus longtemps, et maintenant qu'il était entré malgré tout, maintenant que quelqu'un avait vu qu'ils n'étaient que trois, maximum quatre, ils ne pouvaient tout simplement pas se permettre de le laisser repartir tranquillement. Car oui, Jim avait l'allure de celui qui fait partie d'une bande. Et quand c'est le cas, et que l'on découvre quelque chose, on va la prévenir. C'était un risque que ce petit groupe, certes armé, ne pouvait pas prendre. C'était chacun pour soi, dans ce monde qui était nouveau pour eux.

    Jim ne devait absolument pas se laisser foutre dehors. Courir était sa meilleure solution. Alors sans prévenir, il dépassa le premier homme, filant entre les rayons vers la sortie. Il renversa une montagne de conserves alors qu'il n'était plus qu'à quelques mètres de la large porte, ralentissant ainsi un peu plus ses poursuivants mais, à dix pas de sa libération, celui qui devait être Tony apparut dans son champs de vision, un silencieux à la main, qu'il leva droit vers lui. Son coeur rata un battement. On hurla de tirer. Il ne s'arrêta pas.

    PAN. PAN. La douleur le traversa, le choc le repoussa en arrière. Il se demanda s'il allait mourir, là, maintenant.

    Et pourtant il se reprit, continua sa course, percuta le tireur qui trop surpris, ne sut l'empêcher de passer. Un nouveau coup de feu dans son dos le frôla de peu alors qu'il bifurquait dans la ruelle la plus proche. Il connaissait ce quartier comme sa poche, pas eux. Alors qu'il commençait à voir flou, il jeta un regard en arrière. Plus personne. Ils avaient préféré ne pas le poursuivre dans ces coins qu'ils ne connaissaient pas, craignant sans doute de se retrouver face à un des nombreux groupes de zombies. Jim n'en avait maintenant que faire. Il s'arrêta, s'appuya contre le mur. Il avait la tête qui tournait. Il devait absolument s'asseoir, reprendre son souffle avant qu'il ne le perde définitivement. Une fois les fesses au sol, il finit par baisser les yeux sur son corps. Les deux balles, plutôt rapprochées, lui avaient touché l'épaule, sous la clavicule. Il leva ensuite son regard vers le mur, sur lequel se trouvaient désormais deux légères traînées de sang. Les baIles l'avaient traversé. Il poussa un soupir : bien, ses seuls vrais soucis étaient la perte de sang et le risque d'infection. Il n'avait pas eu de chance de tomber sur eux, mais il en avait eu de se retrouver face à un mauvais tireur qui avait été incapable de toucher quoi que ce soit de vital. Il doutait en tout cas qu'une grosse veine ait été réduite en bouillie, son sang ne se répandant pas trop vite. Jim n'avait peut-être pas eu d'éducation, mais il avait quand même souvent entendu parler, dans son domaine, des blessures par arme à feu ou blanche.

    Le jeune se releva avec peine : il lui fallait trouver une bonne bouteille de désinfectant et des compresses, d'urgence, avant que l'écoulement de son sang ne devienne un vrai problème. Il y avait un hôpital à deux blocs d'ici. Ce n'était pas trop loin, mais encore fallait-il qu'il survive aux rôdeurs qu'il croiserait certainement, et surtout à son corps qui lui criait de se coucher et de dormir. Autrement dit la dernière chose qu'il devait faire.


    Atteindre l'hôpital fut une chose, trouver une pièce des réserve sans se faire dévorer en fut une autre. L'endroit ne grouillait pas de zombies, ceux-ci étant sortis depuis longtemps maintenant, mais il en restait, parfois là où on les attendait le moins. Après en avoir, avec fort peu de force, définitivement tués quelques uns en leur enfonçant son couteau dans le crâne – voilà le mérite des armes blanches, c'était discret et n'attirait pas trois fois plus de bêtes – Jim finit par dénicher dans une chambre du désinfectant, et dans une autre au rez-de-chaussé un pack de compresses. Il ferma la porte, plaça la table de chevet devant par mesure de sécurité, avant de déchirer son t-shirt troué et ensanglanté. Cela fait, il ôta la taie de l'oreiller, la mouilla, y aspergea déjà un peu d'alcool et nettoya ses plaies, ce qui ne fut pas bien facile pour celles dans son dos. Plus barbarement, il laissa ensuite couler le désinfectant, manquant de hurler par la même occasion. Puis finalement il appliqua les compresses qu'il entoura de bandages. Que pouvait-il faire d'autre, après tout ? Ça ne serait pas agréable et sûrement plus long à guérir, mais c'était le mieux qu'il puisse faire. Au moins, il pouvait s'estimer heureux de ne pas avoir le sentiment qu'il mourrait prochainement d'hémorragie.

    En attendant, Jim n'avait rien à manger. Il lui restait de la viande séchée et quelques barres alimentaires dans son sac, mais il l'avait laissé dans son coin à lui avant de partir en quête de réserves. Or il était trop épuisé pour faire tout le chemin dans son état, et avait un lit ici. Il passerait la nuit dans cette chambre, se reposerait, et récupérerai ses affaires dès le lendemain. Il ferma les yeux, réfléchissant. New York n'était plus sûre. Les épiceries étaient quasiment vides, des rôdeurs traînaient à tous les coins de rue, et maintenant de petits groupes de survivants prenaient possession des grandes surfaces qui contenaient clairement tout ce qu'il leur fallait pour survivre pendant des mois, voire au moins deux ans selon les stocks et leur date de péremption. Bien entendu, ils ne comptaient pas partager. Ils éliminaient même quiconque risquait de mettre leur refuge en danger. C'était aussi simple que ça. Et lui, il fatiguait. Il en avait marre de ces immeubles, de ces endroits vides, de manquer de se faire tuer chaque jour, de toujours voir les mêmes paysages.

    Oui, alors qu'il venait de frôler une énième fois la mort mais plus près que jamais cette fois-ci, Jim songeait à partir. Pas à l'autre bout de la ville, non. Plus loin encore. Aussi loin que possible. Il n'était plus en sécurité ici, maintenant que ses chances de trouver à manger se raréfiaient. Maintenant qu'il tombait sur des égoïstes armés qui lui tiraient dessus.


    Réveillé très tôt, Jim retourna plutôt lentement au bâtiment désaffecté dans lequel il s'abritait depuis un peu plus de deux mois. Il y resta encore deux jours à reprendre des forces, avant de, un matin, récupérer son sac et ses maigres affaires, le jeta sur l'épaule qui ne le faisait pas souffrir et se dirigea vers le pont le plus proche permettant de quitter New York. Il tomberait bien sur une station service sur le chemin vers... vers il ne savait où. Partagé entre le sentiment de faire quelque chose de stupide et ce qui lui semblait être la meilleure solution, le jeune homme avança à son rythme, évitant discrètement les rôdeurs et s'arrêtant de temps à autre le temps que les élancements dans son épaule se calment.

    Et puis, une heure après avoir mis pour la première fois le pied hors de sa ville, Jim avisa un bus, en haut d'une colline. Quelque chose y était inscrit sur une banderole, qu'il ne pouvait lire. Cependant, il devinait qu'il n'était pas là par hasard, et que le texte n'était pas aussi gros et aussi visible pour rien. Devait-il s'y intéresser ? Il marchait depuis des heures, il était crevé, il pourrait peut-être s'y reposer ? Ce bus allait-il quelque part ? Pourquoi était-il autant mis en avant ? S'il faisait juste halte et partait loin... il n'avait pas de moyen de transport. C'était sans doute la meilleure chose qui s'offrait à lui depuis longtemps. Il pourrait en profiter pour voyager, s'isoler au fond, et le quitter quand il le voudrait. Dans tous les cas, dans son état, ce serait plus sûr d'entrer. Il reprendrait son chemin seul si sa destination ne lui convenait pas, une fois qu'il se sentirait mieux. Dans le cas où ce véhicule se déplaçait encore.

    Rien ne coûtait d'aller voir.

    ☣ ☣ ☣

    Caractère :
    Jim est ce que l'on pourrait qualifier, au premier abord, de sale gosse. Après tout, ce n'est certainement pas "oh quel gentil garçon ce jeune homme doit être" qui vous traversera l'esprit lorsque vous le verrez pour la première fois. Il ressemble à ce qu'il est : un sans abri, un dealer, en gros de toute évidence quelqu'un qui n'a plus eu aucune vraie relation depuis longtemps, et qui n'a pas de lieu à appeler "maison" où il pourrait prendre une bonne douche. Ainsi, Jim a le caractère que l'on pourrait s'attendre à ce qu'il ait, mais pas tout à fait. Explications.

    C'est vrai, ce jeune gars a un caractère de merde. En tout cas, ce n'est que cette part là qu'il laisse voir. Colérique et instable, mieux vaut ne pas l'ennuyer quand il n'a pas envie de vous voir. Ce qui risque d'être en permanence le cas. Alors soit il sera désagréable et/ou distant, soit il vous rentrera dedans si vous l'emmerdez. Sachant que sa patience est quasi inexistante, préparez-vous à lever les bras pour vous protéger du coup de poing qu'il vous balancera à la figure s'il estime que les choses vont trop loin pour lui. Autant dire tout de suite qu'un gars comme Marius ne tiendra pas plus d'une minute en sa présence, avant qu'il ne pète un câble sur lui.

    Jim n'est pas de ceux qui se lamentent sur leur sort. Il sait fort bien qu'il aurait pu avoir une jolie maison, une femme, des gosses et un chaton, mais il sait aussi que pour ça, il aurait fallu qu'à seize ans, il ne soit pas encore dans son orphelinat. Et qu'il ait eu une éducation : quand on se fait jeter du cours après cinq minutes tous les jours, on n'apprend pas grand chose. Ou rien, plutôt. Il assumait et savait donc qu'il n'était clairement pas destiné à un avenir radieux, comme celui de ces nombreux gentils petits élèves que les professeurs aiment tant. Ses connaissances ne se limitent vraiment pas à grand chose. Scolairement, c'est le calme plat. Côté littérature, pareil. Films ? À part ceux de son enfance, les dessins animés donc, il ne connaît rien. Séries ? Rien. Musique ? Rien, ça ne l'a jamais vraiment intéressé. Il peut reconnaître une musique entendue plusieurs fois, mais pas vous donner son titre ou son chanteur. Eh oui, les nombreuses références que vous pourriez lui sortir ne trouveront qu'un seul genre de réponse : "...Qui ? ...Quoi ?"

    Le plus gros défaut de Jim n'est, l'air de rien, pas sa tendance à se tourner plus vers la violence que le dialogue. Non, ce serait plutôt le fait qu'il est persuadé de n'avoir besoin de l'aide de personne. Ce qui n'est pas une bonne chose : ça l'a même mis en danger plusieurs fois. Jim n'acceptera jamais aucune aide, sauf s'il se retrouve dans une situation où il est incapable de la refuser, comme par exemple avec Lily-Rose, qui fut tout simplement la première à se soucier du sort de l'inconnu qu'il était à ses yeux. Il n'a cependant pas toujours été comme ça. Était une époque où il pouvait encore cédé au désespoir et appeler à l'aide. À l'âge de 16 ans, en une nuit, il ne se le permit plus jamais. Les mauvaises expériences de Jim l'ont poussé à se mettre dans la tête que les gens n'en ont simplement rien à foutre de leurs semblables, au point qu'il s'est convaincu d'être capable de se débrouiller seul, quoi qu'il arrive. Pas besoin de l'aide de ces égoïstes. Ce qui est triste dans tout ça, c'est que ce rejet l'a rendu lui-même égoïste. Sa survie avant celle des autres. S'il ne se laisse pas aider, il refuse d'aider également. Mais ça, c'est peut-être parce qu'à part la vieille Maggie, Jim ne s'est jamais attaché à personne, et ne s'est trouvé aucune bonne raison pour laisser ses convictions de côté et aider un inconnu. Après tout, cette personne ne lui aurait forcément pas tendu la main non plus. C'est chacun pour soi, encore plus dans son environnement. Ainsi, qui sait ce qu'il sera capable de faire pour les premières personnes qu'il viendra à apprécier. Pas moyen de savoir, ça n'est encore jamais arrivé. Mais c'est peut-être pour bientôt.

    Car dans le fond, qui a dit que Jim était mauvais ? Il était gentil et respectueux envers Maggie. Parce qu'il l'aimait et qu'elle l'aimait en retour, pour ce qu'il était, malgré tous ses défauts. Il suffirait que chacun prouve à sa manière qu'il en vaut la peine pour que le jeune homme se montre neutre, voire bien plus tard agréable. Ce serait cependant mentir que de nier que le peu d'éducation qu'il a eut jusqu'à ses seize ans a vite été enfoui une fois qu'il s'est fait une place dans le monde de la rue. Ne vous attendez pas à un bonjour de sa part si vous venez à croiser sa route. Il sera d'abord désagréable, vous aurez peut-être même envie de lui foutre une baffe, mais soyez patient et amical pour que, au bout d'un moment, il passe de "ne dis rien va te faire voir" à "ne dis rien mais pense tiens c'est ###, bonjour". Puis avec le temps, ça évolue. C'est à découvrir et à tester, si vous en avez la patience. Ne vous attendez par contre pas à ce qu'il soit vraiment proche de vous, et encore moins physiquement. Le contact physique lui a été quasi inconnu pendant dix ans. Forcément, il ne laissera pas des inconnus le toucher (asocial ? Qui est asocial ?), sauf peut-être pour lui serrer la main en guise de bonjour, venant d'un homme. Mais pour ça il faut passer par la première étape ci-dessus.

    Une fois apprivoisé - car oui c'est bien le mot - bien que maladroit, ayant un certain manque de vocabulaire, incapable de lire et pas du tout doué en relations, Jim n'est pas quelqu'un de chiant à vivre, si on supporte sa façon de parler parfois très indicative de son style de vie passée. Il est sec, voire froid, mais pas toujours méchamment. Il peut passer d'une remarque sur un de ces tons à une phrase anodine comme s'il n'avait absolument rien dit de pas sympa juste avant. Il a des défauts, des gros même, comme son manque de maîtrise de sa colère, sa tendance à vite s'emporter, mais franchement il a un bon fond. Peut-être très bon même.

    C'est simplement un gamin qui n'a pas eu de chance.

    Inventaire (très détaillé) :
    - Un vieux sac à dos.
    - Un vieux loup en peluche.
    - Une vieille photo plastifiée.
    - Un jean sale et troué.
    - Un sweatshirt à tirette.
    - Un couteau commando.
    - Deux caleçons dont un de rechange.
    - Une petite bouteille de désinfectant.
    - Un pack de cinq compresses de rechange.
    - Une paire de vieilles chaussures de marche, basquettes.
    - Un rasoir.
    - Une boucle d'oreille qu'il enlève de temps en temps.
    - Une bouteille d'eau.

    Argent possédé à l'arrivée dans le bus : 0 $


Wibbly Wobbly Timey Wimey


    Votre PUF : Kachi'

    Codes : Okidokiloki !
    Qui vous a fait découvrir le forum ? Hax via deviantArt.

    Une dernière chose à dire ? : Un peu de mal à RP, mais j'aime ce perso. Alors motivation !


Dernière édition par Logan le Mer 3 Juil - 13:08, édité 12 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://kachiwho.deviantart.com
Nathan.
Complete Nerd.
avatar

Messages : 384
Date d'inscription : 25/08/2011
Age : 25

Feuille de personnage
P.U.F.: Siumi.
Relationship:
Cash: 15+10

MessageSujet: Re: ☣ Jim   Lun 10 Juin - 21:22

Codes bons, on attend la suite ^^

_________________
Nathan & Keeva & William




Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Lily-Rose
Apprenti boucher
avatar

Messages : 357
Date d'inscription : 06/05/2013

Feuille de personnage
P.U.F.: Chinkara - Meikiro
Relationship:
Cash: 0

MessageSujet: Re: ☣ Jim   Lun 10 Juin - 21:43

Haaaaaan, v'la le loup qui débarque! Re! Hâte de RP!!
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Jim
Super scout
avatar

Messages : 401
Date d'inscription : 04/05/2013
Age : 22

Feuille de personnage
P.U.F.: Kachi'
Relationship:
Cash: 40

MessageSujet: Re: ☣ Jim   Mar 11 Juin - 13:18


    Merci !
    J'ai espéré terminer l'histoire ce soir, mais non. Ce sera donc bien pour demain.

    Edit : Histoire ajoutée, plus que l'image.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://kachiwho.deviantart.com
Nathan.
Complete Nerd.
avatar

Messages : 384
Date d'inscription : 25/08/2011
Age : 25

Feuille de personnage
P.U.F.: Siumi.
Relationship:
Cash: 15+10

MessageSujet: Re: ☣ Jim   Mar 11 Juin - 13:24

Comme stipulé dans le formulaire, il serait gentil de mettre un résumé de l'histoire en spoiler ^^'
En attendant je m'attaque à ce pavé.

_________________
Nathan & Keeva & William




Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Jim
Super scout
avatar

Messages : 401
Date d'inscription : 04/05/2013
Age : 22

Feuille de personnage
P.U.F.: Kachi'
Relationship:
Cash: 40

MessageSujet: Re: ☣ Jim   Mar 11 Juin - 13:27


    Awh mince. J'ai pas pensé à relire les instructions du Refuge en copiant le formulaire du Zombus ^^"
    Bon, je m'en vais résumer ça !

    Edit : et voilà ^^
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://kachiwho.deviantart.com
Nathan.
Complete Nerd.
avatar

Messages : 384
Date d'inscription : 25/08/2011
Age : 25

Feuille de personnage
P.U.F.: Siumi.
Relationship:
Cash: 15+10

MessageSujet: Re: ☣ Jim   Mar 11 Juin - 14:18

Merci =) (c'est surtout pour les autres, moi j'ai lu le grand format mais ça aide d'avoir un résumé ^^)
Bon ben tout est bon, j’attends l'image et je te valide ^^

_________________
Nathan & Keeva & William




Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Jim
Super scout
avatar

Messages : 401
Date d'inscription : 04/05/2013
Age : 22

Feuille de personnage
P.U.F.: Kachi'
Relationship:
Cash: 40

MessageSujet: Re: ☣ Jim   Mer 12 Juin - 18:36


    Et voilà l'image, encore merci à Sasva *w*
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://kachiwho.deviantart.com
Nathan.
Complete Nerd.
avatar

Messages : 384
Date d'inscription : 25/08/2011
Age : 25

Feuille de personnage
P.U.F.: Siumi.
Relationship:
Cash: 15+10

MessageSujet: Re: ☣ Jim   Mer 12 Juin - 18:45

Validée !

_________________
Nathan & Keeva & William




Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Morgan
Increvable
avatar

Messages : 1474
Date d'inscription : 28/08/2011
Age : 22
Localisation : Errant dans les couloirs // Au milieu du Zombus

Feuille de personnage
P.U.F.: Levialhem.
Relationship:
Cash: 30 + 17

MessageSujet: Re: ☣ Jim   Mer 12 Juin - 19:16


Bienvenue !

Trop bien, il ressemble à Côle de InFamous je trouve xD

_________________


      ← Morgan Davis+ Fiche+ Casier+ SuiviAkilah "Cat" Coffey →+ Fiche+ Compartiment+ SuiviRépertoire de persos.©️ Levialhem


MERCI INNU ♥:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://levialhem.deviantart.com/
Jim
Super scout
avatar

Messages : 401
Date d'inscription : 04/05/2013
Age : 22

Feuille de personnage
P.U.F.: Kachi'
Relationship:
Cash: 40

MessageSujet: Re: ☣ Jim   Mer 12 Juin - 21:15


    Ah ? XD *voir googler*
    Mmmh... moui, à part la coupe je vois pas trop en quoi XDD Mais merci 8D
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://kachiwho.deviantart.com
Jacob
Never grow up.
avatar

Messages : 1334
Date d'inscription : 25/08/2011
Age : 24

Feuille de personnage
P.U.F.: Hax-Makina
Relationship:
Cash: 20 + 15

MessageSujet: Re: ☣ Jim   Mer 19 Juin - 19:45

    Re-bienvenue !!!

    Ah il faut que je le finisse inFamous...

_________________
black#eebfa3#513C52
CasierRP


Merciiiiiiii Faso !!!
Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://hax-makina.deviantart.com/
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: ☣ Jim   

Revenir en haut Aller en bas
 
☣ Jim
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
*SUN CITY :: L'Exterieur. :: Présentations. :: Personnages validés.-
Sauter vers: