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 Parce que Baudelaire, personne n’l’a jamais compris ! (ft. Jim)

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Lily-Rose
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MessageSujet: Parce que Baudelaire, personne n’l’a jamais compris ! (ft. Jim)   Jeu 1 Aoû - 0:59


Cela faisait deux jours qu’ils étaient allés à la supérette, avait risqué leur vie. Qu’elle s’était presque pissé dessus en descendant de l’armoire, mais surtout qu’on avait tendu la main vers elle alors qu’elle était au comble du désespoir. Elle avait crevé de peur sur la chaise, et pour éviter de se faire trucider à la sortie par les survivants, elle avait fait ce truc stupide, dingue, et complètement calculé. Elle avait attrapé la pharmacie des premiers soins, la caisse des billets, et un stylo. Car dans tout bon raid suicidaire, il fallait quelque chose d’inutile. Elle avait ensuite fondu vers la sortie de la pièce infernale. Et un peu plus tard, ils étaient partis avec leurs emplettes vers le bus.

Elle était à présent assise à sa place, au fond du bus, à se faire oublier. Elle avait posé ses livres devant elle. Une toute petite pile. Elle s’était plongée dans l’Austen, et prenait grand plaisir à le lire, et à s’évader. L’histoire d’un passé révolu, d’amour nié et impossible, qui lui faisait pour un moment, oublier que dehors, les zombies arpentaient le monde des vivants. Elle se retrouvait à analyser sans s’en rendre compte Darcy, les Bennet, les Bingley, et tous les autres. Elle vivait à travers eux une époque qui n’était pas la sienne. Le livre était épais, les grandes pages blanches étaient dans du papier simple. Une chose qui pouvait sembler normal pour un habitué du monde extérieur… Pas pour elle, elle avait toujours eu du beau papier, mais quand l’apocalypse fait rage… On ne faisait pas la difficile ! Le papier glissait cependant sous ses doigts, ce qui l’embêta un peu au début.

Appuyée dos contre la fenêtre, genoux pliés devant elle, elle était donc tournée vers ce qui en temps normal, aurait été la fenêtre à sa droite. Elle profitait ainsi d’une douce lumière du jour, ni trop forte, ni trop faible pour le moment. Et cela lui allait. Le calme que lui procurait un roman, un peu de silence, et la magie des mots opérait. Seulement voilà, il avait fallu que Baudelaire mette les pieds dans le plat !



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Jim
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MessageSujet: Re: Parce que Baudelaire, personne n’l’a jamais compris ! (ft. Jim)   Ven 2 Aoû - 18:15


Jim, depuis leur retour de l'excursion, n'avait absolument pas changé ses habitudes : comme depuis son premier jour, il restait au fond du bus sans rien demander, sans d'autres occupations que de dormir, manger, et observer le paysage en silence. Il ne se plaignait pas, malgré que l'opération supérette ait réveillé la douleur sous son épaule blessée. Porter deux bidons d'eau de plusieurs litres, ça n'avait pas fait plaisir à ses récentes blessures, encore légèrement douloureuses avant même qu'elles ne doivent supporter ces poids. Et évidemment, demander des anti-douleurs ne lui avait pas traversé l'esprit : c'est qu'il n'en avait plus pris depuis au moins dix ans et n'estimait pas en avoir besoin alors qu'en vérité, ça lui aurait fait du bien. M'enfin, il ne souffrait pas le martyre non plus. Il avait vu pire, Jim.

Le jeune homme était donc assis à sa place, la gamine à l'autre bout de la banquette, en train de lire. Lui n'avait absolument pas envie d'être dérangé. Comme d'habitude, oui. Et vu qu'il était réveillé, occupé à ne rien faire d'autre que regarder sans passion le siège en face de lui, il préférait éviter qu'on l'aborde en voyant qu'il n'était pas en pleine admiration de l'extérieur - qui oui, l'intéressait sincèrement : c'est qu'il n'avait jamais rien vu d'autre que New York de toute sa vie. Alors autant avoir l'air occupé. Sans demander la permission, il attrapa un des livres à côté de blondinette en porcelaine et l'ouvrit, posant son regard sur les mots. Enfin, mots. Ce n'était qu'un truc incompréhensible pour lui qui faisait semblant d'être plongé à l'intérieur de ce que pouvait bien raconter ces pages.

Ça aurait été plus crédible s'il tenait le livre dans le bon sens, mais bon, ne disons rien vu qu'il ne s'en rend même pas compte. Ça aurait été plus crédible si son visage n'exprimait pas une profonde frustration, aussi. Jim s'en était toujours fiché, de ne pas savoir lire. Mais quand il se retrouvait face à quelque chose qu'il ne comprenait pas, ça avait tendance à l'énerver intérieurement. Si bien qu'il balança le tas de feuille sur le côté dans un geste exaspéré, avant de directement le reprendre en grommelant - à nouveau à l'envers, c'est qu'il n'était ni attentif ni intéressé, le jeune Jim - et de se remettre à fixer mots et lettres sans essayer de les comprendre, n'y voyant pas l'intérêt.
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MessageSujet: Re: Parce que Baudelaire, personne n’l’a jamais compris ! (ft. Jim)   Ven 2 Aoû - 23:59



June était tranquillement plongée dans sa lecture, à vivre autour des Bennet, quand le jeune homme au crâne rasé s’empara de son bouquin. Son exemplaire des Fleurs du Mal. Elle fronça les sourcils. Un geste un peu brusque, mais ce qui la sidéra fut la nonchalance et l’énervement avec lesquels il avait jeté le livre quelques instants plus tard. Pour le reprendre aussitôt après, à l’envers. Une drôle de façon de se cacher. Il y avait plus crédible en tout cas. Pour ne pas se faire déranger, il aurait déjà fallu le mettre à l’endroit. La blondinette l’observa depuis son siège. Il avait l’air frustré, comme quand on se retrouve face à un problème impossible à résoudre. Etaient-ce les mots qui étaient impossibles à résoudre pour lui ? Ou leur sens ? Il fallait dire que Baudelaire les maniait avec hardiesse et complexité parfois. Elle se retrouva face à une question sans réponse pour le moment.

Elle continua à le garder en vue. Quelque chose clochait. Ses sourcils restaient froncés, et son expression semblait entre l’exaspération, l’incompréhension et l’énervement. Quelque chose définitivement clochait. Mais quoi ? Pourquoi tenir un livre à l’envers ? Une habitude des gens de l’extérieur pour comprendre le sens caché d’un texte ? Elle avait lu cela un jour dans un livre d’aventures, un code caché à l’envers dans un texte. June posa ses pieds à terre et se glissa plus loin sur la banquette, près du jeune homme dont le nom lui était encore inconnu. Doucement, elle mit la main sur le dessus du livre et le retourna.

Ce sera plus facile comme ça…

Du même coup d’œil, elle engloba le livre. Légèrement corné, certaines pages un peu pliées. Elle n’en avait pas l’habitude. Les livres étaient sacrés chez elle. Elle prenait soin de chacun comme d’un trésor, et ils en avaient la valeur psychologique. Le monde extérieur était rude, froid, sans pitié, mauvais, et son monde à elle était doux, chaleureux, fragile et simple. Elle apprenait ce que bon lui semblait. Ici, bien que cela la rebute, elle devrait demander des instructions en défense. Elle ne pouvait pas rester un poids mort très longtemps. Ils finiraient par l’abandonner quelque part sans vergogne. Et elle ne tiendrait pas plus de dix minutes en ce monde infâme. Elle sortit de ses pensées. Elle résoudrait ce souci en temps voulu. Pourquoi pas demander un peu d’aide à Cat’, elle était gentille avec elle.

Un souci avec Baudelaire ?

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MessageSujet: Re: Parce que Baudelaire, personne n’l’a jamais compris ! (ft. Jim)   Mer 7 Aoû - 9:02


Et voilà qu'il passait pour un imbécile. Alors qu'il s'était replongé dans la contemplation de ce qui pouvait bien être écrit sur la page, une voix timide se fit entendre, ne pouvant appartenir à personne d'autre que la gamine en porcelaine. Doucement - ce qui lui fit froncer les sourcils car il prit le ton de son geste pour de la prudence - elle retourna le livre entre ses doigts. Oh. Ah ouais, dans ce sens-là... ça n'était pas plus compréhensible qu'avant.

Chose qui le frustrait encore plus. À part la forme du texte, il ne voyait absolument pas la différence ! Bon les lettres lui paraissaient être plus familières qu'avant mais ce n'était pas grand chose. Au final, il ne comprenait quand même pas. Enfin... Après un grommèlement, il était retourné à sa "lecture", ignorant la petite comme il en avait l'habitude, préférant rester seul avec sa frustration grandissante.

Mais petite blondinette reprit la parole, lui demandant... quoi ? Jim tourna lentement la tête vers elle, la dévisageant. Un souci avec qui ? Hey, il n'avait de soucis avec personne, de quoi elle parlait ?!

« Qui ? »

Froid et sec. Pas spécialement volontaire, il n'avait pas de mauvaises pensées. Il était plutôt perturbé, en fait. Avec quoi elle venait, hein ? Il était entrain de soi-disant lire, pas...

« Oh. »

Il venait de comprendre. Plus au moins en tout cas. "Baudelaire" devait être un personnage, ou l'auteur. Le second plus probablement, vu la question. Bon sang ce qu'il se sentait con. Il serra le poing, lâcha un soupir exaspéré et se retint de justesse d'à nouveau balancer le bouquin à travers la largeur du bus. Au lieu de quoi il se contenta d'éviter le regard de miss je-sais-tout, mal à l'aise.
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MessageSujet: Re: Parce que Baudelaire, personne n’l’a jamais compris ! (ft. Jim)   Ven 9 Aoû - 2:10



Il tourna lentement la tête vers elle, la dévisageant. Elle se sentit rétrécir. Oh-oooh..

Qui ?

Le mot claqua comme le tonnerre. Elle l’avait énervé, elle l’avait énervé, elle l’avait énervé.

Bau-Baudelaire ?

Elle avait brusquement baissé le son. Elle ne voulait que se cacher, devenir aussi petite qu’un atome et disparaître. Elle n’avait jamais eu l’habitude des gens un peu colériques, ou même des gens tout courts. Et Kiliann était différent. Il était toujours calme. Son père la grondait parfois, mais cela arriva moins de fois que l’on compte les doigts d’une main. June n’avait jamais été une enfant difficile.

Oh.

Ses traits se détendirent un peu, laissant place à un genre d’exaspération, mais aussi de mécontentement. Au moins, ce n’était plus de la colère. Dans son esprit dérouté, le raisonnement se fit. Il tenait son livre à l’envers, faisait une moue d’incohérence, ses sourcils étaient froncés. Les mots étaient un mystère pour lui. Il. Ne. Savait. Pas. Lire. Cela lui parut alors comme une évidence. De ses grands yeux noisette, elle le regarda. Elle l’observa attentivement, se demandant ce qui avait bien pu composé son passé. Il n’était pas du tout semblable au sien, le parfait contraire peut être ? Après tout, elle avait appris à lire seule. Mais, comme disait son père, elle était « spéciale ». De quelle façon ? Elle ne le savait pas. Une question lui brûlait les lèvres. Elle voulait être sûre. Elle se mordit la lèvre inférieure, baissant les yeux.

Excusez-moi, je ne savais pas que vous ne saviez pas lire…

Elle ne l’avait pas formulé en une question, comme une excuse. Comme si c’était de sa faute… Yeux baissés, elle regarda ses pieds. Gênée d’avoir découvert quelque chose qu’elle n’était pas sensée découvrir, vu le mal qu’il se donnait à le cacher… Elle ne connaissait même pas son nom, mais savait qu’il était analphabète. Drôle d’ordre pour apprendre à connaître quelqu’un. Mais qu’en savait-elle ? Elle n’y connaissait rien en relations humaines…
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MessageSujet: Re: Parce que Baudelaire, personne n’l’a jamais compris ! (ft. Jim)   Ven 9 Aoû - 9:24


Si Jim était dans l'incapacité la plus totale de déchiffrer des mots, il avait néanmoins une très bonne ouïe. Aussi entendit-il sans trop de soucis ce que dit la gamine avec une petite voix peureuse. Il ne bougea pas d'un pouce, à l'exception de son poing qui se serra un peu plus sur lui-même. Il détestait au plus au point que ses faiblesses soient révélées. Ici, elle l'avait simplement devinée. Pourquoi fallait-il qu'elle soit si... observatrice, hein ?

Le jeune homme s'enfonça un peu plus dans son siège. Il n'aimait pas se sentir découvert, analysé. Ça le foutait dans un sentiment de frustration proche de la colère. Si bien que cette fois, il ne pût s'empêcher de canaliser ce ressenti désagréable dans le livre, qu'il balança violemment par dessus miss porcelaine, l'amenant à s'écraser contre la fenêtre, avant de croiser les bras sur sa poitrine dans une pure attitude de "je ne veux pas discuter, va voir ailleurs si j'y suis".

Il serra un peu plus son bras contre sa poitrine : son geste, trop brusque, avait une fois de plus ranimé la douleur dans son épaule. Il n'en laissa cependant rien paraître, et jeta un coup d'œil à blondinette. Jim n'avait jamais vu quelqu'un comme elle. C'était bien simple : elle était tout l'inverse de ce qu'il connaissait. Foutrement intelligente, fragile, vulnérable et timide. Le seul point sur lequel ils étaient plus au moins pareil, était celui qu'elle semblait être aussi peu douée que lui en relations. Peut-être tout juste un peu plus. Et dernière chose, elle n'y connaissait rien. Elle était complètement perdue. Effrayée. Contrairement aux autres, ça crevait les yeux qu'elle découvrait tout juste ce qu'était devenu le monde. Tout était différent. Le jeune soupira, se frottant les yeux des doigts de la main. Sa frustration quant à son incapacité à lire et le fait d'avoir été découvert laissait peu à peu place à une sorte de fatalité. C'était pas elle qui allait le répéter à tout le monde, si ? Et puis, il s'en fichait, de ces gens et de ce qu'ils pouvaient bien penser. Il n'en avait jamais eu rien à faire, alors pourquoi ça serait le cas maintenant ? Pas besoin de s'énerver. Pas besoin de s'énerver. Changement de sujet.

« Jim. »

Il ne savait pas trop pourquoi il le lui disait. Sûrement parce qu'au fond, il s'en fichait qu'elle sache. Il avait simplement réalisé qu'elle ne connaissait pas son nom. Et que peut-être, elle aurait moins peur. Ça aurait pu se sentir à des kilomètres, si la crainte avait une odeur. Alors comme ça, il faisait peur ? Mouais, il l'avait déjà constaté auparavant, quand il se promenait dans des rues moins mal famées que d'habitude. On le regardait bizarrement. Il n'y avait jamais fait attention, enfin, il avait toujours ignoré. Mais ici, il était obligé de le voir, de le ressentir, dans ce bus fermé, juste à côté de lui. C'était perturbant, dérangeant. Il n'avait jamais voulu effrayer qui que ce soit.

« T'as peur ? »

Il ne l'avait toujours pas regardée. Jim fixait le dossier du siège, comme toujours, son regard gris et fatigué légèrement dans le vague.
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MessageSujet: Re: Parce que Baudelaire, personne n’l’a jamais compris ! (ft. Jim)   Sam 10 Aoû - 1:42



Elle avait misé juste. Ses observations s’étaient avérées correctes. Ce qui énerva l’homme de l’extérieur. Il balança le livre contre la fenêtre. De réflexe, June se baissa en se protégeant de ses bras. Ok, ce serait le livre le plus abîmé qu’elle n’ait jamais eut. Elle n’osait même pas en imaginer l’état, et cela lui donna un aperçu de ce qu’il pourrait lui faire s’il était vraiment énervé contre elle. Il sembla se calmer. Ou du moins, se contenir. Elle se releva lentement, trop tétanisée pour bouger d’un micron sur le côté pour rejoindre sa « vraie » place, les yeux grands ouverts. Il sembla se calmer vraiment. Ses poings se relâchèrent. Son expression s’adoucit un peu. Brisant ce masque de colère qu’il avait un instant plus tôt.

Jim.

Jim. C’était donc le nom de ce jeune home de l’extérieur. Simple à retenir après tout. Ses traits se détendirent. Il n’allait pas la briser en deux contre la vitre du bus. Pas maintenant. Elle en soupira presque de soulagement. Elle n’allait pas tout de suite mourir. Pas de ses mains calleuses en tout cas.

June

Il ne la regardait toujours pas. Il évitait tout contact visuel. Mal à l’aise, gêné. Elle n’en menait pas large non plus, baissant le regard et fixant ses chaussures. Ses mains tremblaient légèrement.

T’as peur ?

Si elle avait peur ? Non. Elle était tétanisée. La moindre silhouette de goule la faisait paniquer au plus haut point. Comment avait-elle pu traverser New-York sans que son cœur explose littéralement de peur ? La réponse tenait en un mot : Kiliann. Sa force, son courage. Et elle l’avait vu mourir sous ses yeux. L’image ne s’effaçait pas de sa rétine, le son ne se détachait pas de son oreille. Ces cris, atroces. Qui hantaient ses jours et ses nuits. Elle en faisait des cauchemars. Se réveillait en pleurs.

Vous n’avez pas peur vous ?

Elle jeta un œil au survivant. La carrure typique de ce qu’elle imaginait être un homme de l’extérieur. A contrario de son père, ou de Kiliann, le temps avait marqué son corps. Des vilaines cicatrices recouvraient son avant-bras, du moins, ce qu’elle en voyait. Et dire qu’avec un peu de miel… Elle aurait pût faire en sorte qu’elles se voient moins… Elle se dit qu’elle en prendrait la prochaine fois qu’ils sortiraient en « shopping ». Ou qu’elle demanderait à ce qu’on en prenne. S’il y avait une prochaine fois. Ils pouvaient très bien l’abandonner, ou elle pourrait très bien se perdre ou se faire dévorer. Et qui n'aurait pas peur dans ce monde ?

Définitivement, les gens de l'extérieur étaient mauvais. Ici, ceux-là voulaient les dévorer. Charmant retour dans le monde réel, non?



Dernière édition par Lily-Rose le Sam 10 Aoû - 9:15, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Parce que Baudelaire, personne n’l’a jamais compris ! (ft. Jim)   Sam 10 Aoû - 9:14



June, car tel était son nom, avait beau être intelligente, elle n'avait malgré tout pas saisi le sens de sa question. Il ne lui demandait pas si elle avait peur en général, (ça se voyait bien assez)  mais si elle avait peur de lui. Au lieu de quoi, la gamine répondit par une question. Il finit enfin par tourner son regard vers elle, la fixant. Avait-il seulement l'air d'avoir peur ?

« Non. »

Bien sûr que non. De quoi ? De la mort ? Il avait passé des années à la frôler, que ce soit le froid, la faim, les blessures ou les hommes eux-mêmes qui cherchent à l'emporter. Alors frôler la mort vivante en quelque sorte... Non, il n'avait pas peur. De perdre quelqu'un ou de ne pas retrouver quelqu'un ? Il n'avait personne. On n'a pas peur de ce qu'on pense ne jamais avoir à vivre un jour.

« C'est pas si différent. »

Pour le jeune homme en tout cas. Où était-elle, la différence ? Pas dans le risque de mourir de faim ou de froid. Pas dans le risque de tomber sur de mauvaises personnes. Ah oui : il faut éviter les rôdeurs, nouvelle cause de mort dans ce monde détruit. Mais sinon ? Rien. C'était presque aussi dur qu'avant, peut-être juste un peu plus, parce qu'il fallait se faire plus discret encore. Enfin... tous devaient avoir une vision différente des choses. Pour beaucoup, c'était l'enfer.
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MessageSujet: Re: Parce que Baudelaire, personne n’l’a jamais compris ! (ft. Jim)   Dim 11 Aoû - 22:57


Deux prunelles grises acier qui se tournent vers elle, un frisson parcourut son échine. Non, non, non, il n’avait pas peur. Il la fixait d’un air qu’elle interprétait comme froid, presque sans pitié. En ses yeux, on voyait que ce n’était pas le monde extérieur qui l’effrayait.

Non. C’est pas si différent.

Elle le considéra un moment.

De l’ancien monde extérieur ?

Pas si différent de cet autre dehors ? Ça, elle n’en doutait pas. Avec toutes ces atrocités qui se passaient dehors…Certains grands titres de journaux marquaient encore son jeune esprit, dont un, plus particulièrement. « 11 septembre 2001 - Attentat meurtrier au World Trade Center : la menace Al-Qaïda plane toujours ». Ce jour avait marqué ce point de non-retour, elle n’était plus ressortie de chez elle. Elle était restée cloîtrée, et heureuse. Et ce monde la dévastait. Elle ne savait pas se défendre, ni même courir longtemps sans finir par ramper par terre. Elle était tétanisée par la peur chaque fois qu’elle voyait l’ombre d’un danger. Ce qui arrivait… La quasi-totalité du temps. L’un de ses seuls réconforts venait d’être écrasé contre une vitre. Littéralement.

Elle ne savait pas comment réagir, ou agir avec les autres. Paumée, elle n’avait sa place nulle part, était un boulet pour tout le monde. Elle se sentait destinée à un assaut putréfié de goules. Si Jim l’avait sauvée une fois, il ne le referait probablement pas, elle ne le méritait pas. Et qui d’autre le ferait ? Pauvre moucheronne asthmatique du bus… Un boulet en plus ou en moins, le choix était vite fait. Elle soupira légèrement. Oui, elle devrait demander à quelqu’un de lui apprendre à se défendre. Qui sait ce qu’elle ferait en échange, elle trouverait bien selon la personne. Elle reporta son attention sur Jim.


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MessageSujet: Re: Parce que Baudelaire, personne n’l’a jamais compris ! (ft. Jim)   Dim 11 Aoû - 23:25


De l'ancien quoi ? Monde extérieur ? Jim fronça les sourcils, perplexe. Qu'est-ce qu'elle voulait dire par là ? Parce qu'il y avait un monde intérieur et un monde extérieur ? D'accord, c'était... bizarre. Pas la peine cependant de s'attarder là-dessus : ne se questionnant pas plus, il opta pour quelque chose de plus direct que de se torturer les méninges alors qu'il suffisait de demander. Tant qu'à discuter avec une gamine de 15 ans, autant poser la question.

« "Monde extérieur ?" »

Son ton laissait clairement entendre qu'il ne voyait pas du tout de quoi elle voulait parler. Il enchaîna malgré tout, haussant en lui les épaules.

« M'fin oui, de quoi d'autre ? »

Pourquoi confirmer ? Parce qu'au fond, s'il existait pour elle deux mondes différents, il ne venait clairement pas de celui de l'intérieur. Il appartenait à la rue et ses abris de fortune. Porches, bâtiments abandonnés, cartons, il n'avait connu que ça ces dernières années. Le monde extérieur qui effrayait tant blondinette avait été sa seule maison. Ah, si elle avait su que le jeune homme venait des bas fonds de cet extérieur dont la normalité lui avait été décrite comme le potentiel mal absolu ! Elle était bien loin du compte.
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MessageSujet: Re: Parce que Baudelaire, personne n’l’a jamais compris ! (ft. Jim)   Lun 12 Aoû - 21:19



Froncement de sourcils. Il ne comprenait pas.

“Monde extérieur? M’fin oui, de quoi d’autre ?”

Haussement d’épaules. Comme s’il s’agissait d’une évidence. Evidemment, pour elle, il y avait une différence. Le monde extérieur lui était complètement inconnu, du moins, sur le point expérimentation. L’autre, l’intérieur, elle le connaissait parfaitement. Elle y avait passé sa vie. Principalement entre la bibliothèque, la serre et sa chambre. Ses antres de savoirs. En fait, elle ne connaissait que son monde intérieur. Finalement, ce n’étaient que ces goules en plus. Et quelques millions de citoyens en moins… Ce fut au tour de la blonde d’hausser les épaules, question stupide.

C-Comment c’était avant ? Enfin… Dehors je veux dire...

Elle l’observa avec prudence. Elle ne savait pas trop. Enfin, si. Elle n’en savait que trop, mais ne l’avait jamais vraiment vu. Expérimenté. Donc, c’était comme une page pleine de notes, déposée comme instructions pour une première opération… Très utile, maaaaaais… Non. Peut-être que l’histoire de quelqu’un pourrait l’éclairer un peu. Son expérience de la ville était… Assez chaotique. Entre le Onze Septembre, et sa sortie promenons-dans-la-ville-pendant-que-les-goules-y-sont-pas… Non, le monde extérieur n’était pas fait pour elle. Elle avait des os d’oiseau, elle n’était pas faite pour la vie nomade, à la dure… Elle n’aspirait qu’à une pièce calme, quelques livres, un petit nid confortable. Son quotidien.

Il n’y avait que cette vie qui n’aurait pas brisé June. Qui sait dans quel état elle serait dans quelques semaines ? La silhouette frêle d’un génie qui ne connaissait rien de la vie, pour un peu, elle s’envolerait à la moindre bourrasque, avec seul pied à terre, que la curieuse réalité littéraire.

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MessageSujet: Re: Parce que Baudelaire, personne n’l’a jamais compris ! (ft. Jim)   Lun 12 Aoû - 22:05


Mais... elle ne connaissait vraiment rien, en fait. Ce n'était pas juste une question de ne pas être douée, non, c'était pire : Jim n'était peut-être pas un exemple de possesseur de connaissances, mais il n'était pas pour autant stupide. Cette gamine n'avait tout simplement pas mis un pied dehors depuis... longtemps. Voire même jamais. Et lui, se rendant compte de cela, ne put que la dévisager. Il réalisait ce qu'il avait à côté de lui, ce qu'elle représentait... rien de moins que son exact opposé. Et il ne savait pas trop ce qu'il devait ressentir.

Qu'était Jim et qu'était June ? Jim était l'orphelin qui, se sentant trahi et plus abandonné que jamais, avait fui ce qu'on lui avait fait croire être son chez-soi, pour se condamner à une existence solitaire et difficile, sur le pavé froid de la rue. June était l'enfant qui n'avait certainement jamais connu le besoin de sa vie, jamais ressenti le vent glacial de l'hiver. Il pensait tout savoir de la vraie vie, celle que les gens comme elle oublient pour se permettre de dormir la nuit. Et elle, que pensait-elle ? Que croyait-elle savoir ?

Elle demandait. Comment c'était avant, ce monde dont elle n'avait la vraie image que celui d'aujourd'hui. Il la fixait toujours. Il n'avait plus posé ses yeux gris aussi longtemps sur quelqu'un depuis des années. Il ne savait même pas ce qu'ils exprimaient. Mais il répondit, simplement, avec la voix rauque de celui qui a beaucoup plus vécu qu'il n'aurait dû pour son âge :

« Dur. »

Puis le jeune homme détourna enfin le regard, ramenant son vieux sac sale contenant ses maigres affaires contre lui, dissimulant ainsi les nombreuses cicatrices de son ventre et de son côté préalablement visibles, sans se rendre compte de son geste. Dur oui. Elle ne s'imaginait même pas à quel point. Personne ici ne pouvait l'imaginer. Personne ici ne comprenait, savait ce que c'était. Le monde actuel était même parfois plus facile que celui d'avant, à ses yeux. Il était plus aisé de trouver un toit où dormir, un endroit chaud pour passer la nuit, un peu de nourriture pour se remplir le ventre même si avec le temps, ce dernier point se compliquait. Comment même lui expliquer ? Pourquoi lui expliquer ? Il n'était pas sa pote, après tout.

« Tu peux pas comprendre. »

Et c'était vrai, elle ne pouvait pas.
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MessageSujet: Re: Parce que Baudelaire, personne n’l’a jamais compris ! (ft. Jim)   Mar 13 Aoû - 18:31



Dur.

Réponse courte, sans appel. Elle n’en doutait pas. Atroce aurait probablement bien convenu également. Elle ne le connaissait pas du tout, et trop bien de par les mots. Ses yeux noisette observaient ceux gris acier du jeune homme. Il était jeune mais avait l’air d’avoir vécu trop. Elle se demandait ce qui composait son passé très certainement à l’inverse du sien, s’il ne savait déjà pas lire et par extension écrire. C’était l’une des pierres angulaires de sa vie à vrai dire.

Tu peux pas comprendre.

Je sais. Cela dépasse probablement l’entendement de toutes choses, et cela fait partie intégrante de votre passé...


Elle regarda dans ses iris intenses. Ses prunelles reflétaient ce qu’en une vie un vieillard n’a jamais vécu, toutes les étapes, aussi dures les unes que les autres, tuantes, qui vous rongent, et tout se retrouvait là. Emprunts des horreurs de la vie. Elle ne pouvait imaginer cela. Elle n’avait connu le Grand Chagrin qu’une fois, celui qui la hantait encore et encore après toutes ces années. Celui de Jim semblait être incessant, il n’y avait aucune fin visible à la douleur de son corps torturé. Elle ne s’était jamais sentie aussi vulnérable qu’en cet instant, le fixant avec cette douceur dans les yeux. Elle réalisait qu’elle connaissait à la fois tout et rien de ce qui l’entourait. La théorie était acquise depuis belle lurette, et la pratique… Elle viendrait avec le temps, à force et à cris.

Elle réalisa que cette vie qui l’attendait allait la consumer jusqu’à ce qu’il ne reste que cendres. Qu’elle soit cette coquille vide de forces, forces d’avoir tant eut à se défendre, à combattre contre le Mal de l’extérieur. Elle ne voulait pas qu’Il l’atteigne. Elle réalisa qu’elle n’aurait plus jamais cette vie normale qui avait été la sienne durant ces années qui partaient aujourd’hui en fumée. Elle devrait affronter les froids mordants d’un hiver gelé, les chaleurs torrides d’un été sec, et que ce serait cela sa vie désormais. Survivre, vivre chaque seconde comme si elle était la dernière. Comme la suivante venait d’être avalée par la cavité buccale béante d’une goule affamée. Triste monde…

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MessageSujet: Re: Parce que Baudelaire, personne n’l’a jamais compris ! (ft. Jim)   Mar 13 Aoû - 19:20


Jim n'était pas de ceux qui se lamentent sur leur vie médiocre. Il avait toujours assumé ses choix et son parcours, ne s'était jamais permis la moindre faiblesse morale. Il ne s'était jamais plaint, à l'exception d'une fois où il fut ignoré, lui mettant ainsi dans la tête que les gens n'en ont rien à foutre. Jim ne faisait pas partie de ceux qu'il appelait les faibles. Il encaissait sans rien dire, sans rien montrer, prenant les responsabilités de ses actes au sérieux, refusant catégoriquement de partager ses souffrances et ses moments de faiblesse. Oui, le jeune homme acceptait sa vie et avait même réussi à l'apprécier, mais ça ne voulait pas dire que lorsque les hivers les plus froids et les faims les plus fortes survenaient, il n'avait pas ressenti en ces neuf longues années le désespoir de celui qui n'a rien d'autre que ce qu'il trouve et se voit offert.

Mais Jim était fier. Il n'avait pas honte. Il n'aurait pas choisi une autre vie, sauf si son histoire jusqu'à la mort de Maggie avait été différente. Il n'avait pas été adopté jeune. La vieille femme n'avait pas vécu assez longtemps pour le voir atteindre la majorité et le droit de se faire une vie. Alors oui, la rue avait été à ses yeux une meilleure destinée que cinq ans de plus dans cet enfer d'orphelinat.

La gamine parla alors. Bizarrement. En tout cas pas avec des mots et une formulation à laquelle il était habitué. Elle supposait, et lui ne savait pas si oui ou non, il y avait pire que son expérience. Peut-être. Sûrement ? Il ne connaissait rien d'autre après tout. Peu importait, il appréciait qu'elle l'admette. Qu'elle ne se prenne pas pour celle qui on sait plus sur sa personne que lui même. Il devait bien l'avouer, cette petite était surprenante. Une façon de parler particulière, des connaissances claires, une capacité à observer intéressante. Elle était peut-être trop fragile, elle avait au moins l'intelligence en plus. Ça pouvait se sentir, n'importe qui pouvait le comprendre.

Immédiatement, il tourna à nouveau la tête vers elle, croisant son regard. Leurs yeux se fixèrent, s'entre-analysèrent. Jim ne savait pas ce qu'elle voyait dans les siens, et ignorait ce qu'il devait voir dans ceux de la blondinette. L'intelligence, oui. Quelqu'un de stupide n'avait pas un regard si vif. C'est tout ce qu'il prit le temps de voir : il détourna rapidement les yeux, mal à l'aise. Il n'aimait pas se sentir détaillé ainsi.

« Ouais. Bref. »

S'il avait l'air de vouloir terminer la conversation là, June avait cependant réussi à piquer sa curiosité. Comment était-il possible qu'elle s'y connaisse si peu, plus de trois mois après le début de l'invasion ? Et deux mots restaient dans sa tête. Qu'il finit par prononcer sous forme de question quelques longues secondes plus tard.

« ... "Monde extérieur ?" »
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MessageSujet: Re: Parce que Baudelaire, personne n’l’a jamais compris ! (ft. Jim)   Mer 14 Aoû - 2:06



Il la regarda un moment, puis, il détourna le regard. Il devait se sentir probablement gêné. Ou trop observé. Elle détourna le regard aussi. Elle fixa ses chaussures. Une bien étrange conversation.

Ouais. Bref.

Le silence se fit pendant un moment. Elle n’avait jamais parlé à quelqu’un de si fermé. Elle avait beau peu s’y connaître en réelles relations humaines, elle arrivait à analyser l’attitude des gens. Il lui semblait que Jim avait longtemps vécu seul, dans ce Monde cruel de l’Extérieur. Il ne parlait probablement jamais aux autres gens, et ne savait communiquer. Pas un bruit ne se faisait percevoir.

… “Monde extérieur”?

Quand je suis arrivée au bus, il y a quelques jours, c’était la première fois que je sortais depuis presque douze ans. Alors pour moi, il y a un monde intérieur, et un extérieur. Je ne voulais plus sortir, j’y ai été obligée, c’est là que j’ai trouvé ce « refuge »...


« Et j’ai peur. Mon père a disparu depuis des semaines, Kiliann s’est fait dévoré sous mes yeux, je ne connais rien du dehors, je n’ai qu’une carte, et mon carnet, mon herbier, ces livres. Ce sont mes maigres possessions, ce qui me reste de ma vie d’avant. Mes souvenirs, mon tout, mon âme, mon être. Je ne veux pas que le Mal de l’extérieur m’atteigne. J’ai peur qu’on m’abandonne. Je ne sais pas où il est. Je ne veux pas mourir. Je ne connais rien de ce qui se passe ici avec cette apocalypse. Je ne sais pas me défendre, je suis un poids pour tout le monde. J’ai peur que vous me fracassiez en deux, comme une vulgaire brindille. Je suis perdue… » Elle pensait mais ne disait rien. Il valait mieux qu’elle se taise. Elle avait peur de tellement de choses. Elle n’était pas faite pour ce monde brutal.

Elle n’était rien. Des gens comme Jim survivraient facilement, ils savaient à quoi s’attendre. Elle non. Elle avait lu, et lu, et lu, mais jamais elle n’aurait imaginé ce chaos. Et ce monde chaotique, c’était la réalité à présent, peu importe où l’envoie les vents, elle n’aurait plus jamais le droit d’être une enfant.
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MessageSujet: Re: Parce que Baudelaire, personne n’l’a jamais compris ! (ft. Jim)   Mer 14 Aoû - 8:51


Il avait vu juste, alors. June n'avait presque jamais mis le pied dehors. Elle ne savait rien de la survie, elle était... un lionceau perdu au milieu de la savane. Le danger pouvant sortir de n'importe où et n'importe quand, tels les vautours qui lui tournaient autour. À son ton, il devinait qu'elle ne croyait pas une seule seconde en ces chances de voir la fin du voyage. Et il comprenait que, contrairement à lui, elle avait besoin d'être rassurée. M'enfin, fallait pas compter sur lui pour la serrer dans ses bras en lui tapotant le dos.

Et habituellement, fallait pas compter sur lui pour poser des questions non plus. Pourtant, il se demandait comment on pouvait en venir à s'enfermer chez soi pour ne plus ressortir. L'expérience de blondinette ne l'intéressait pas en soi, c'était plutôt ce choix de mode de vie, à l'opposé complet du sien, qui le laissait perplexe. Fuir l'intérieur pour être libre à l'extérieur, d'accord. Mais fuir l'extérieur pour finir en cage ?

« Pourquoi ? »

Oui, pourquoi se condamner à vivre entre quatre murs ? Pourquoi vivre ainsi ? N'était-ce pas... ennuyeux, inutile ? Évidemment, pour lui qui n'avait connu qu'une part de vie "banale" à entrer et sortir plus au moins normalement et une part de vie de sans-abri, ça paraissait insensé. Tout comme il lui paraissait insensé qu'il soit entrain de discuter, certes avec un nombre limité de mots, avec une gamine blonde. Pas son genre, ou plutôt pas dans ses habitudes. M'enfin, tant qu'elle la fermerait quand il le demanderait, qu'ils parlent si ça pouvait passer le temps.

Après avoir posé sa courte question, Jim finit par se rendre compte de la présence de son sac contre son torse nu, aussi le plaça-t-il soigneusement à côté de lui avec un grommèlement. Qu'est-ce qui avait bien pu lui prendre de serrer ce vieux truc pourtant si précieux ainsi ? Voilà qui avait semblait-il rappelé à son épaule qu'elle avait pour mission de lui faire mal. Putain de balles. Heureusement qu'il cachait bien sa douleur. L'habitude, vous savez.
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MessageSujet: Re: Parce que Baudelaire, personne n’l’a jamais compris ! (ft. Jim)   Jeu 15 Aoû - 0:20



Pourquoi ?



Elle resta un moment interdite. La question avait claqué. Et pourtant, elle ne pouvait tout dire. Comment aurait-elle pu expliquer ? Que toute sa vie, elle avait été confinée dans l’idée que le Monde extérieur vous rendait mauvais ? Qu’il avait tué sa mère ? Comprendrait-il seulement que sa liberté à elle était infinie, même confinée dans un immeuble new-yorkais ? Que les livres lui faisaient voir mille et un mondes, vivres des millions d’histoires, rire et pleurer ? Qu’elle ne vivait que pour ce savoir accessible et infini ? C’était là qu’elle se sentait comme un poisson dans l’eau.

Vous l’avez dit vous-même, ce monde est dur.
Son insanité a emporté ma mère lors d’un terrible attentat, il y a de cela presque douze ans, ici, à New-York.
Mon père a voulu me protéger, je ne suis jamais ressortie.


Elle se tut. Elle en avait à la fois trop et pas assez dit. Elle n’avait pas dit qu’elle avait été confinée dans un certain esprit, ou que ce jour funeste où sa mère était morte était le jour de son anniversaire, qu’elle n’avait pas compris, qu’on lui avait expliqué que les gens de l’extérieur étaient mauvais, qu’ils faisaient des choses immondes. Qu’en aurait-il à faire de toute manière ? Il était peut-être aussi horrible que ces gens qui avaient tué sa mère. Elle était paumée, n’avait personne, qui se soucierait d’elle, une pauvre crevette faible, abandonnée à son triste sort ?

Elle soupira, regarda ses chaussures. Elle se mordit fort la lèvre. Les larmes montaient doucement, elle essaya de les empêcher discrètement. Sa mère lui manquait, son père d’autant plus, les cris de Kiliann hantaient ses songes, elle ne savait pas ce que la vie lui réservait. Enfin… La vie… Dans quelques semaines tout au plus, elle serait dévorée par une de ces goules au Q.I. de lama shooté à la tequila (fallait que je place celle-ci, même si elle sort du contexte). Elle tâcha de ne pas y penser. Ce n’était peut-être pas une fatalité…


Dernière édition par Lily-Rose le Lun 26 Aoû - 0:02, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Parce que Baudelaire, personne n’l’a jamais compris ! (ft. Jim)   Jeu 15 Aoû - 9:23


Ah. C'était donc ça. Une mauvaise expérience qu'on n'avait pas pris le risque de peut-être revivre, d'une certaine manière. Mieux valait rester à l'intérieur mais en sécurité que dehors et potentiellement en danger, voilà ce qu'avait pensé le père de June. Il avait fait ce qu'il pensait être le mieux pour sa fille. Parce que c'était ça, que les pères faisaient ?

« ... »

Jim avait une fois de plus détourné le regard, celui-ci posé sur son sac à côté de lui. Un attentat. Il s'en rappelait, oui. Il avait 13 ans à l'époque, et n'en avait pas eu grand chose à faire, malgré une certaine dose de peur : il s'était simplement demandé, en voyant la fumée depuis le lieu d'une sortie organisée par l'orphelinat, comment on avait pu en arriver là.

Sa mère y était donc morte. Subitement. Elle devait à peine se souvenir d'elle, alors. (Rappelons que Jim chéri pense qu'elle a 15 ans) Ça, c'était une chose qu'il pouvait comprendre. Mais June au moins, avait connu son père, qui avait pris soin d'elle, de toute évidence. Jim ne comprenait toujours pas comment elle avait bien pu vivre enfermée pendant douze longues années, mais maintenant qu'il avait une explication - courte et incomplète mais ça lui suffisait, il ne souhaitait pas connaître sa vie non plus - ce n'était plus vraiment ce qui occupait ses pensées.

Il n'avait pas connu ses parents. Ils étaient peut-être vivants, ou peut-être morts. Il avait peut-être des frères et sœurs. Il ne savait pas pourquoi on l'avait laissé. Et franchement, il s'en fichait. De son point de vue, ils ne pouvaient être que des connards dont il n'avait rien à faire du sort. Mais il s'était toujours demandé ce que ça faisait. D'avoir une figure paternelle et maternelle. Biologique. Oh, Maggie avait été là. Mais s'il l'avait toujours vue comme la maman qu'il aurait aimé avoir, elle avait plus été une grand-mère, ou une marraine.

Toujours silencieux, il jeta un regard vers la jeune fille. Oh. Oh non. Blondinette avait petit à petit les larmes aux yeux. Que devait-il faire, là ? L'ignorer ? Faire comme si de rien n'était ? Oui, ça valait mieux. Il ne savait pas quoi dire. Ça faisait longtemps qu'il n'avait plus repensé à son statut d'orphelin. Au vide avec lequel il avait appris à vivre grâce à Maggie, jusqu'à l'oublier et de nouveau le ressentir à la mort de la vieille femme, puis à l'oublier à nouveau. Il n'était pas du genre à se morfondre sur son sort, mais il lui était impossible de ne pas se poser des questions.

Alors, il hésitait. Une en particulier tournait en boucle dans sa tête depuis que la gamine avait parlé. Le jeune homme ne connaissait pas blondinette. Mais il lui avait sauvé la vie. Il ne voulait pas la connaître. Mais il lui parlait. Il n'avait pas l'habitude, surtout de poser des questions. Il laissa passer quelques longues secondes qui s'étirèrent en minutes. Puis il lâcha, brusquement :

« Il est où, ton père ? Il t'a abandonnée ? »

Le font-ils donc tous ?! Son ton était amer, dur, presque empli de reproches. Plein d'une rancœur qui n'avait plus eu l'occasion de sortir depuis longtemps. Son regard, bien qu'il ne soit pas posé sur elle mais sur les cicatrices de son bras posé sur sa jambe, avait ces mêmes teintes.
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MessageSujet: Re: Parce que Baudelaire, personne n’l’a jamais compris ! (ft. Jim)   Ven 16 Aoû - 1:44



« Il est où, ton père ? Il t’a abandonnée ? »

« … »


Elle resta un moment interdite. Elle n’avait jamais envisagé l’idée. Son père n’était pas comme ça ! Il prenait soin des gens. Il n’aurait jamais abandonné volontairement sa fille en temps d’apocalypse. Non. C’était inconcevable pour la jeune fille. Elle le connaissait, autant ses points forts que ses faiblesses, et il n’avait jamais été un lâche. Elle fronça les sourcils, ravala ses larmes. Le ton avait été dur, et amer, laissant entrevoir la possibilité d’une quelconque trace paternelle douloureuse dans le passé de Jim. Peut-être avait-il été abandonné plus jeune ? Elle ne le savait pas et ne voulait pas prendre le risque de lui demander et de l’énerver. Elle tenait encore à sa peau, bien qu’elle soit difficile à garder sur les os en ces temps macabres.

« Non. Je suppose que c’était quand la pandémie a atteint New-York, il avait été voir ce qu’il se passait dehors, et m’avait dit de rester à la maison jusqu’à son retour. C’est ce que j’ai fait, je suis restée des semaines là. Quand les vivres ont commencé à manquer, je suis partie, et me suis retrouvée ici. »

Elle évita de mentionner Kiliann, le sujet était trop douloureux, trop récent, et il s’en fichait probablement. Il avait l’air de quelqu’un que plus rien n’atteint. De ceux qui avaient souvent feint. Feint la joie pour fuir la tristesse, feint le calme pour apaiser la colère…  Il avait probablement fait une croix sur son passé, l’un ou l’autre infime point dardant de faiblesses la cuirasse du jeune survivant. Son visage était cependant marqué par les années, il n’avait pas eu une vie facile, elle le devinait. Il avait eu probablement également affaire aux hommes de l’extérieur au vu des profondes cicatrices qu’il arborait. Ils pouvaient être si mauvais… Lui l’était peut-être aussi. Elle ne le savait pas, il se posait des questions, étant franc et dur. De là à dire qu’il n’était pas dangereux en tant que personne de l’extérieur… Il y avait de la marge. Certes, il l’avait sauvée, et cela jouait en sa faveur, mais elle avait trop longtemps cru ce que disait son père pour changer d’avis sur les gens en un instant.

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MessageSujet: Re: Parce que Baudelaire, personne n’l’a jamais compris ! (ft. Jim)   Ven 16 Aoû - 8:53



Mouais. Il ne l'avait peut-être pas abandonnée, finalement. Mais alors qu'il se passait quelque chose dehors, il l'avait quand même laissée seule pour aller voir. Ce n'était pas très prudent. Il ne devait pas être aussi intelligent que sa fille. M'enfin, qui aurait pu deviner que ce qui secouait New York était une invasion zombie ? Pas lui, en tout cas.

Donc, son père n'était pas revenu et June était sortie de chez elle après des semaines sans se douter de rien. Il imaginait très bien le choc que ça avait du être. Tous l'avaient vécu... Sauf elle, avec trois mois de retard.

« Il est mort. »

La courte phrase avait claqué, soudainement. Bah quoi ?Jim n'était pas du genre à mâcher ses mots pour rendre les choses plus faciles. Ça lui paraissait pourtant évident, il était surpris que quelqu'un comme elle ne l'ai toujours pas réalisé, ou en tout cas ne l'admettait pas, préférant laisser l'espoir perdurer. Mais à quoi bon ? L'espoir inutile n'était qu'un auto-destructeur. Un espoir qui fait du mal alors qu'il est censé rassurer.

« Ou comme eux. »

Quel manque de délicatesse. Jim était dur, c'est vrai. Mais le tact, prendre des gants pour dire les choses, ne faisait pas partie de son monde. Son monde était rude, froid et sec à la fois. On y recevait la réalité en pleine face, sans y être préparé. Au fond, la vie était comme ça aussi. Pas de place pour prévenir, pour retarder, pour rendre le futur plus agréable quand il est destiné à être mauvais. Autant qu'elle s'y fasse tout de suite. Autant qu'elle comprenne qu'à quoi bon s'attacher quand on risque à tout instant de tout perdre, de souffrir à nouveau comme si le passé n'avait pas été assez.

La vie en remettait toujours une couche. Ou deux, trois, ou plus. Assez pour briser un homme.
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MessageSujet: Re: Parce que Baudelaire, personne n’l’a jamais compris ! (ft. Jim)   Sam 17 Aoû - 0:17



« Il est mort. »

A ces mots, la blonde se figea. Ce n’était pas vraiment le genre de choses qu’elle s’attendait à entendre. Quoique, Jim était quelqu’un de très franc, qui n’avait probablement jamais entendu parler du tact.

« Ou comme eux. »

Définitivement pas. Ce n’est pas comme si elle n’avait jamais considéré cette possibilité, elle n’était pas SI naïve, mais l’espoir de jeunesse œuvrant, elle avait préféré croire en cette infime chance qu’il soit encore vivant. C’était désespéré bien entendu, mais elle avait besoin d’y croire. Que tout n’était pas perdu, qu’elle n’était pas complètement seule au Monde.

« Je… Je sais… »

Il fallait bien qu’elle se rende à l’évidence, sa cervelle plombée traînerait un jour sur le bitume d’une des grandes avenues de New-York. Elle se mordit la joue. Elle ne voulait pleurer devant lui. Lui donnant alors la preuve, à lui et aux autres, qu’elle n’était une faible pleurnicharde. Elle n’était déjà pas à la hauteur de ces temps apocalyptiques, il était souhaitable de ne pas en remettre une couche. Elle sera le poing, et les larmes ne montèrent plus. Elle les avait stoppées, pour le moment.

« La probabilité est trop importante pour être ignorée. Je ne suis pas aussi naïve. »

Pourquoi fallait-il que ces créatures ignobles contaminent le monde tel qu’elle l’avait observé. Car depuis son haut building, du dernier étage, elle voyait toute la Grosse Pomme. Elle observait le paysage changer, les tours se multiplier, s’agrandir, les voitures filer dans les grands axes de cette ville lumineuse. La civilisation s’étendait, l’acier gagnait le ciel, montant toujours plus haut. Mais elle savait au fond d’elle-même que cette civilisation, pourtant si intelligente, s’autodétruisait. Elle ne pouvait que se lamenter devant la bassesse des Hommes que l’extérieur avait rendu mauvais…

Elle était tombée dans la fosse aux lions, et le pauvre agneau ne survivait jamais très longtemps dans une arène. C’était également un fait de la nature, la loi du plus fort, qui régissait actuellement le monde. Fixant ses chaussures, elle se sentit tremblante dans un Colisée monstrueux, pleins à craquer de goules dévoreuses de chair. Triste monde… Triste sort…

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MessageSujet: Re: Parce que Baudelaire, personne n’l’a jamais compris ! (ft. Jim)   Sam 17 Aoû - 9:51


C'est vrai, Jim n'avait pas été tendre. Il avait prononcé les mots de la vérité haut et fort, ne laissant plus de place à l'espoir que June s'était permise d'accepter. Il ne faisait pas cela par plaisir. Il n'avait pas voulu lui faire du mal. Il ne savait juste pas qu'il y avait d'autres manières de déclarer une certitude pareille, qu'il aurait même pu ne rien dire et la laisser vivre avec cet infime espoir. Sans s'en rendre compte, Jim venait tout simplement de la rabaisser au même statut que le sien : orpheline.

D'un côté, depuis l'invasion, être orphelin était devenu une banalité. L'être de naissance comme lui par contre, était devenu plus rare, alors que ça l'était déjà auparavant. Enfin de toute façon, le jeune homme ne cherchait pas à trouver quelqu'un dans son cas. Il n'estimait pas avoir besoin, et ne le ressentait pas, de connaître une personne qui le "comprenne". Comme si c'était possible. À sa manière, il avait trop vécu.

Et à côté de lui, il y avait June. June, qui n'avait pas vécu grand chose. June, fragile et tout en bas de la chaîne alimentaire de ce nouveau monde. June, seule et tout juste absolument certaine que revoir son père un jour n'était qu'une illusion. June, qui aurait bien eu besoin d'un peu de réconfort. Un réconfort qu'il ne pouvait pas lui apporter. Ça faisait bien trop longtemps qu'il avait oublié ce que ça faisait. Déjà qu'il n'avait jamais vraiment su en donner, il fallait que ses plus proches souvenirs d'un bras entourant ses épaules dans un geste rassurant remontent à bien loin dans son passé.

« Je sais. »

Je sais quoi ? Que tu n'es pas naïve ? Ce que ça fait d'être... brutalement... tout seul... ?

Il réalisa d'un coup ce qu'il venait de faire. Il avait, sans le réaliser, reproduit exactement ce pourquoi il avait fui la maison de groupe pour la rue. Maggie qui ne revient pas. La peur qui monte, l'espoir qui prend place pour tenir, une annonce prononcée comme si ça n'était pas grave, et un monde qui s'écroule. Et Jim se sentit mal. Ses doigts se resserrent avec force sur l'accoudoir, rappelant la douleur à l'ordre. Il ne sut plus où placer son regard confus et plus mal à l'aise que jamais. Mais que venait-il de faire ?

Le jeune homme osa un court regard vers June. Pas loin de son âge à l'époque, en plus. Exactement pareil. C'était exactement pareil. Il eut l'impression de revivre cet instant décisif de sa vie, mais du mauvais côté. Celui du bourreau. Même pour lui, c'était trop. Il serra les dents, ferma les yeux alors qu'une sensation désagréable avait pris place dans sa poitrine. Il était sincèrement mal. Il s'en voulait. Or, il ne s'en était jamais voulu de sa vie de rue. Jamais. C'était nouveau et douloureux.

« Désolé... »

Jim ne savait plus où se mettre. Sa voix était différente, incertaine. Un tas d'émotions tourbillonnait dans sa poitrine, comme tapant contre sa cage thoracique pour sortir à l'air libre. Et il ne comprenait rien à ce qu'il ressentait. C'était simple, pourtant. De lui-même, il avait tiré sur son unique corde sensible. Celle que lui seul connaissait. Il avait tiré très fort. Trop fort, peut-être.

Une boule était montée dans sa gorge. Il avait mal partout. À sa blessure, à sa poitrine qui se serrait, à son cœur qui faisait pareil. Tout ça, il faisait de son mieux pour le cacher. Mais à trop retenir dans sa vie, quand le gros est touché, ça explose. Bruyamment ou silencieusement.

Ainsi, une larme roula sur sa joue. Puis une deuxième, sans qu'il puisse rien faire pour l'en empêcher.
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MessageSujet: Re: Parce que Baudelaire, personne n’l’a jamais compris ! (ft. Jim)   Dim 18 Aoû - 1:46



« Je sais. »

Elle se tournait vers lui. Il savait. Mais que savait-il ? Ce que ça faisait d’avoir son espoir réduit d’un gros coup de pied, comme un moustique qu’on écraserait sans pitié ? Qu’elle n’était pas si naïve ? Il eut une réaction étrange, il se sentit apparemment très mal à l’aise et serra l’accoudoir avec force. Il ferma les yeux. Elle ne savait ni quoi dire, ni quoi faire..

« Désolé. »

Et des larmes silencieuses avaient roulé sur ses joues. Elle ne s’y attendait pas vraiment, venant de lui. Les larmes maculèrent son visage aussi. Elle ne supportait pas de voir quelqu’un pleurer. Elle avait été élevée dans un amour infini, et le voir malheureux la rendait encore plus triste. Peut-être que lui avait été élevé sans amour. Il n’avait peut-être même pas de parents. Peut-être que les gens de l’extérieur les avaient aussi tués ? Elle le regarda alors d’une autre façon. Elle tenta de le regarder sous son masque craquelé par les gouttes salées. Elle le vit fragile au fond, mais si dur à l’extérieur.

Elle eut envie de faire quelque chose, alors, elle le prit doucement dans ses bras, amenant en une étreinte, l’affection qu’on lui avait apporté pendant des années. Le passé semblait remonter de façon imprévue, et il vous abattait toujours plus durement dans ces cas-là. Elle le lâcha doucement, estimant qu’un peu d’air lui ferait du bien à lui.

« D-Désolée... »

Elle ne savait pas vraiment quoi rajouter, quoi faire. C’était à se demander si elle ne faisait pas tout de travers. Elle n’avait pas l’habitude du contact humain, et apparemment, lui non plus. Qu’avait été sa vie dehors pour qu’il soit ainsi ? Elle se le demanda, yeux baissés. Elle en avait peut-être fait trop. Pourtant, ça ne partait pas d’une mauvaise intention. Elle voulait vraiment bien faire, mais ne savait pas comment.

« Pour tout… »

Ce n’était pas vraiment sa faute, quoiqu’en partie, aussi, elle se sentait le besoin de s’excuser. Elle s’en voulait. Car il pleurait silencieusement. Pas comme quelqu’un qui cherche l’attention, mais comme quelqu’un qui a vraiment mal…

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MessageSujet: Re: Parce que Baudelaire, personne n’l’a jamais compris ! (ft. Jim)   Dim 18 Aoû - 9:25



Ah pleurer. Ces quelques larmes étaient les premières depuis bien longtemps. Depuis ses premières semaines dans la rue, en fait. Par la suite il s'était endurci et il n'y avait plus eu de place pour se laisser aller, pas le temps, pas l'occasion, et même pas le besoin. Car il n'y avait eu personne pour lui rappeler ce moment difficile. Ou plutôt, aucune situation pour qu'il se le rappelle lui-même. Jim s'était légèrement enfoncé dans son siège, fixant toujours ses avant-bras, ne souhaitant pas qu'on le voit dans cet instant de faiblesse dont, au fond, il avait besoin. Relâcher un peu la pression, vous savez.

Oui, Jim était humain, et infliger à une gamine sans défense ce qui l'avait lui-même brisé l'avait blessé un peu plus, provoquant ainsi une fissure dans son armure de glace. Ce fut après moins qu'une dizaine de larmes silencieuses aient roulées sur ses joues, alors qu'il allait les essuyer d'un revers de main, que June choisit de s'approcher pour le... serrer dans ses maigres bras ? Pris au dépourvu,  surtout pas habitué, il se crispa en se demandant ce qu'il se passait.

Le jeune homme ne se souvenait plus de ce que ça faisait, tellement ça faisait longtemps. Le contact d'un corps contre le sien, l'enserrant, lui était totalement... inconnu. Après neuf ans, c'était comme s'il n'avait jamais été étreint de sa vie. Et il ne savait pas trop, dans cet situation, ce que ça lui faisait. À un autre moment, il l'aurait dégagée avant même qu'elle ait pu le toucher pour un centième de seconde. Mais là, surpris, quand il finit par se dire que ça le perturbait plus qu'autre chose sans que ça soit purement désagréable, qu'il n'aimait pas spécialement ça et que bon dieu pourquoi elle me touche, et qu'il s'apprêtait à la séparer de lui, elle le fit d'elle-même, lui laissant un peu d'air. Et foutrement gêné, les joues encore légèrement humides mais les larmes ne coulant plus. Déjà parce qu'il s'en voulait toujours, ensuite parce qu'il avait cette drôle d'impression que la limite interdite avait été dépassée.

Mais... il devait bien avouer qu'il avait, au fond, ressenti toute l'affection qu'elle avait voulu mettre dans son geste. Encore une chose dont il ignorait quoi penser.

Et là, elle s'excusa à son tour, pendant qu'il essayait de trouver une issue à cette situation qui l'avait rendu extrêmement mal à l'aise. Lentement, il tourna la tête vers elle, remarquant par la même occasion qu'elle aussi avait pleuré, avec un air interrogateur. Pourquoi, d'abord ? Ce n'était pas elle qui venait de faire une magnifique démonstration de faiblesse cachée après avoir brisé l'espoir d'une pauvre gamine de revoir son père, alors qu'on lui avait fait le même douloureux coup des années plus tôt ! Pour... tout ? Ahah. Il leva les yeux au ciel avant de se les frotter de ses doigts, tâchant de dissimuler au possible ce qu'il venait de lui arriver, avant de croiser ses bras sur son torse. Il ne savait absolument pas comment faire pour passer à autre chose. Pour que June oublie qu'il venait de misérablement craquer devant elle. Mais il ne pouvait pas simplement  changer de sujet. Pas avec le mal qu'il ressentait, qui restait gravé dans sa poitrine.

« Tais-toi. »

Il avait manqué d'utiliser une formulation plus vulgaire, mais s'était retenu de justesse. Elle ne devait s'excuser de rien, vu qu'elle n'avait rien fait. Il était peut-être dur, mais pas au point d'exiger des excuses alors qu'elle n'avait rien fait d'autre que lui parler et qu'il était en faute.

« C'était cruel. J'aurais du la fermer. »

Il ne savait pas où poser son regard encore rougi, sinon sur son vieux sac désormais à ses pieds. Qui contenait ses quelques affaires. Du pratique et des souvenirs. C'était tout ce qui lui restait.
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MessageSujet: Re: Parce que Baudelaire, personne n’l’a jamais compris ! (ft. Jim)   Dim 18 Aoû - 17:28



« Tais-toi. »

Et elle ne pipa plus mot. La tristesse semblait être passée au profit d’une sorte de rudesse dans ses propos. Il n’était pas énervé, du moins pas encore, mais un peu sec. Un peu trop peut-être. Elle se mordit la lèvre inférieure.

« C’était cruel. J’aurais du la fermer. »

« C’était justifié… Je ne peux décemment passer ma vie à espérer. »


Et c’était vrai. Elle avait besoin de remettre les pieds sur terre pour avancer. C’était dur, brutal, mais elle était une réaliste, une scientifique. L’espoir ne lui ferait que plus mal au plus tard il serait détruit. C’était donc un mal pour un bien. Elle soupira, tortilla ses mains, et fixa ses chaussures. Ce n’était pas la manière douce d’annoncer les choses, mais elle devrait s’y faire. C’était probablement la manière de parler des gens de l’extérieur.

Et c’était son monde désormais. Etrange à penser. Elle n’aurait plus jamais sa vie tranquille, et le savait. Mais qu’adviendrait-il d’elle à l’extérieur. Deviendrait-elle mauvaise ? Arriverait-elle à rester comme elle était ? Ce monde la changerait probablement, mais elle ne voulait pas devenir mauvaise. Elle s’endurcirait probablement, mais elle ne voulait pas que son âme en soit pervertie. Elle ne serait plus jamais une enfant, mais elle ne voulait jamais devenir comme ces mauvaises gens qui avaient tués sa mère.

Elle avait peur du futur. Elle avait peur de la vie. Mais surtout de ce qui suivrait. Deviendrait-elle une goule comme ces pauvres âmes souillées par la bassesse humaine ? Ou mourait-elle dévorée, abandonnée par ceux qui perdirent l’espoir d’une autre solution ? Elle avait peur, très peur, mais elle devrait faire face pour le temps qu’il lui resterait.

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MessageSujet: Re: Parce que Baudelaire, personne n’l’a jamais compris ! (ft. Jim)   Aujourd'hui à 13:30

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Parce que Baudelaire, personne n’l’a jamais compris ! (ft. Jim)
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