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 † Rough Enough.

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Jacob
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MessageSujet: † Rough Enough.   Jeu 29 Mai - 12:47



    Rough Enough.


    Sous la lueur pâle de la lune, le monde semblait bien fade.

    C'était beau, un ciel sans Hommes.
    Avec la disparition de la Civilisation telle qu'on l'entendait, avec ses buildings de verre et ses villes de lumière, l'existence prenait une toute autre allure. Des petits secrets étaient dévoilés aux yeux de ceux qui avaient l'audace de continuer de vivre. On pouvait le voir comme une sorte de récompense. Cela permettait de relativiser.

    Privée de son électricité, la Terre des Hommes n'était plus qu'un simple caillou sombre qui flottait parmi tant d'autres. Ses parois noires comme l'asphalte mourant qui continuait de strier sa peau révélaient les formes et les couleurs fantasques d'une nuit vierge de toute souillure.
    Dire que c'était beau aurait été ternir drastiquement la réalité. C'était tellement magnifique que ça en donnait le vertige.

    Le terme de voie lactée prenait soudainement tout son sens. Là-haut, sur cette toile noire, s'étirait paresseusement une traînée pâle, dont les multiples arabesques se perdaient parmi les trente-six mille millions de petites tâches lumineuses qui ne cessaient de briller, tantôt perdues dans une flaque colorée de rouge, d'ocre ou de mauve, tantôt agglutinées les unes aux autres, certaines bleues, d'autres blanches, d'autres rousses, tantôt...
    Ca lui rappelait un peu les coraux, une nuit par an, ou quelque chose du genre, quand ils libéraient leurs gamètes et offraient aux plongeurs aventureux un spectacle des plus...
    Les films de science-fiction étaient bien loin de la réalité.
    Le halo blafard qui voilait la lune lui ponçait la rétine.


    Les sourcils de Jacob tressaillirent, se haussèrent, tandis qu'il portait machinalement la main à son oeil gauche, et le massait sans réelle conviction - un geste devenu usuel qu'il en venait à faire plus par coutume que dans un souci d'utilité, tant il s'avérait peu fructueux sur le long terme. La douleur pulsatile continuait de battre dans un recoin de son crâne, là, derrière le nerf optique, un peu sur le côté, sous quelques centimètres de chair, de nerfs, de liquide et d'os, quelque part vers sa tempe. Elle n'était pas si insurmontable que ça : il avait connu et connaitrait bien pire. Au final, il ne savait même plus ce qu'elle valait. Peut-être s'y habituait-il.
    Enfin, s'habituer. Il s'abrutissait, surtout.
    A bouffer toutes les pilules qui lui passaient sous la main, quoi qu'elles contiennent, quel que soit leur effet supposé, à noyer son cerveau sous un cocktail chimique décapant, dans l'espoir que cela parte.
    Sauf que. Ça ne pouvait pas partir, ou du moins pas comme ça.
    Sauf que. Au final, c'était ça qui causait son malheur.

    Cher Vous. Vous souffrez de céphalées chroniques causées par abus d'antalgiques.
    Il faudrait vous sevrer.
    Vous vous démolissez la santé.
    Mais sinon, vous faites aussi des migraines.
    Vous êtes juste con et incapable de vous prendre en main tout seul. Vous êtes vraisemblablement trop limité pour comprendre que les médicaments qu'on vous donne sont là pour soulager votre douleur, pas pour la prévenir. Au final, maintenant, il ne parviennent qu'à la déclencher et la préserver. Vous avez réussi à devenir dépendant du paracétamol, chose qui n'est pas forcément aisée dans la mesure où il ne s'agit même pas d'un dérivé morphi...


    La main de Jacob retomba finalement mollement sur le sol. Assis là, à rêver sous les étoiles, Jacob contemplait le ciel, même s'il n'était pas forcément d'humeur à s'émerveiller de toutes ces petites choses fabuleuses qui rendaient la vie si unique - bien au contraire, il tendait plus à s’écœurer de toutes ces petites choses merdiques qui la rendaient si invivable.
    A ses côtés, une ombre blanche, nimbée d'argent, comme un fantôme - un chien, un berger blanc suisse plus-si-petit-que-ca, allongé, la langue pendante, l’œil paisible, sans pour autant paraître moins vif. Entre ses pattes, logée dans la fourrure qui lui tapissait le poitrail, une silhouette bien plus petite, plus ronde et sombre, plus écailleuse. Une tortue qui dormait lovée dans ce qu'elle pouvait. Jacob s'était dit qu'il fallait la faire sortir un peu. Certes, l'heure n'était pas forcément appropriée : dans le concept, une tortue, la nuit, ça dormait. Mais au moins elle pouvait dormir en respirant un peu d'air frais et en sentant un ciel au-dessus d'elle, plutôt qu'un plafond. Elle avait l'air de s'en contenter. Elle devait savoir, dans un recoin de son cerveau reptilien, que quand bien même elle n'avait pas écopé du meilleur des propriétaires, elle aurait pu tomber sur bien pire, ou même ne jamais tomber sur rien et tout simplement mourir de faim. Les tortues savaient s'adapter. C'étaient des animaux merveilleux.
    Tous les animaux étaient merveilleux.
    Tous, sauf Jacob, peut-être. Ça, ça faisait longtemps qu'il s'en doutait.

    La Civilisation était - ou, dans leur cas, avait été - aberrante. Il suffisait de regarder la faune humaine pour s'en rendre compte. Elle était parvenue à éradiquer totalement ou presque le processus de sélection naturelle et avait vu par conséquent croître le nombre d'individus inadaptés au sein de ses rangs. Certes, cela n'était pas applicable à tous les pays du monde : à la base, dans les pays pauvres, tout le monde continuait de crever au moindre signe de faiblesse, mais dès qu'on en venait aux riches, eh bien, rien n'allait plus. Les malades et les infirmes courraient - dans la mesure du possible - les rues et tout le monde avait sa chance, enfin, sa chance de survivre - vivre était une autre histoire. Dans le fond, ce constat avait toujours filé une gerbe d'enfer à Jacob. Ses années aux côtés de ses amis et surtout d'Alice n'avaient en rien pu le débarrasser de ce dégoût qui continuait de sommeiller en lui et de se manifester lorsque, par malheur, il en venait à avoir un petit moment juste pour lui, un moment où il ne pouvait hélas rien faire d'autre que penser ; et ses pensées convergeaient systématiquement vers le même point, le même fait, effroyable, qui lui glaçait le sang : la Civilisation l'avait tué.
    En lui offrant le droit de vivre, elle avait tout simplement brisé son existence.
    Jacob avait toujours eu des tendances un peu dépressives. Peut-être tenait-il ça de son père, ou était-ce juste le lot dont il avait écopé après des années de poisse poussée à l'extrême. Dans tous les cas, Jacob ne pouvait prétendre qu'il était bien dans sa peau. C'était même tout le contraire.
    Il ne souffrait pas de complexe quant à son physique - quand bien même la large cicatrice qui barrait son visage lui fournissait un excellent prétexte pour se défoncer l'égo un peu plus -, non, ça, Jacob n'en avait rien à foutre dans l'ensemble, il était passé outre ce genre de désagréments depuis bien longtemps, il n'avait peut-être même jamais eu la chance de passer par ce stade, directement propulsé dès son plus jeune âge à l'étape supérieure du malêtre, la torture psychologique, invisible, celle qui poussait la personne à se questionner et à se demander pourquoi ?, celle qui taraudait le ventre et le foie et le cœur et les reins et la tête, celle qui n'était plus confinée dans le cerveau et le souci de l'apparence, celle qui rongeait tout le corps, comme un putain de cancer.
    Pourquoi. M'a-t-on. Sauvé.
    L'interrogation première, celle qui revenait sans-cesse, la racine, le noyau, la base. Jacob avait depuis été sauvé de nombreuses fois, il avait même eu l'occasion de sauver lui-même des gens, et ça c'était le bon point, parce que ça lui permettait de se dire que tout n'avait pas été vain, que les conséquences n'étaient pas que néfastes. Mais dans le fond, bordel, pourquoi l'avait-on sauvé.
    Jacob n'aurait jamais dû naître. Preuve était qu'il avait tué sa mère en venant au monde beaucoup trop tôt. Alors immature, dans un monde parfait, un monde naturel dans lequel on ne cherchait pas à contourner les lois de l'Existence - celles-là même qui faisaient que quand on n'était pas fait pour vivre, eh bien, on ne vivait pas -, Jacob serait mort très rapidement. Il n'aurait même pas tenu un jour. Même pas cinq heures, peut-être. Sa courte vie se serait achevée dans le sang de sa mère, et puis voilà. Il n'aurait pas eu le temps d'avoir une conscience. Il n'aurait été qu'un tas de viande fébrile et agonisant. Pas de vie. Pas de Jacob. Rien. Ça se serait arrêté avant même d'avoir commencé. Il n'aurait tout simplement pas été adapté. Sélection Naturelle, rien d'autre.
    Mais.
    Dans leur monde.
    Jacob avait un père.
    Un père qui avait une voiture.
    Une voiture qui menait à un hôpital.
    Un hôpital qui l'avait maintenu en vie, au détriment de sa santé, au prix d'une vie promise comme étant des plus douloureuses.
    Ainsi donc, à présent, Jacob se retrouvait infirme parmi tant d'autres, aberration de la nature qui n'aurait jamais dû exister, mais qui était pourtant bel et bien là. Une sorte de monstre de Frankenstein, né des morceaux de son propre cadavre, et de la folie créatrice d'un médecin parmi tant d'autres.
    Un soupir las gonfla sa poitrine et roula dans sa gorge mais n'en sortit jamais. Ce soupir-là, il l'avait poussé tellement de fois qu'au final, il le connaissait par cœur. Plus besoin de le matérialiser. Il était trop fatigué pour, de toute façon.
    Alors il se contentait d'être là, inerte, assis sur le rebord de la section de béton qui émergeait du toit pour s'ouvrir sur les escaliers menant au Refuge, les pieds dans le vide, à deux mètres du sol tout au plus, et à une distance bien plus élevée de la terre sèche sur laquelle reposait le mall, de la Terre tout court. Il sentait la pression faible mais bel et bien présente de l'harmonica dans la poche de son bermuda, mais n'avait pas la foi d'en jouer. Alors le petit instrument restait là, sans vraiment pouvoir prendre la poussière, et dormait contre lui. Comme ce chien et cette tortue, qui l'accompagnaient en silence, encore et toujours.

    Dans le fond, Jacob n'était pas si seul que ça. Il avait après tout un compagnon fidèle - qu'il avait fini par accepter quand bien même cela continuait de le désespérer un peu - et une tortue des plus charmantes. Des douleurs qui ne le quittaient jamais et ses démons internes qui ne s'éloignaient pas plus.
    Ca, et tous les innombrables fantômes de son passé dont il ne pouvait se défaire. Une légion de spectres qui rôdaient autour de lui comme des prédateurs qui encerclent leur proie et la travaillent au corps dans le but de l'épuiser.
    Non, non. Jacob n'était pas si seul.
    Et pourtant, il y avait ce manque.

    Cette chose effroyable qu'il ne pouvait expliquer.

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MessageSujet: Re: † Rough Enough.   Sam 7 Juin - 0:10

    >> Taluk le dépassa en trottinant dans l'escalier, la langue pendante.

    Nathan tenait sous son bras une gamelle et une bouteille d'eau. Son chien ne tenant pas en place et lui même ne parvenant pas à trouver le sommeil, il avait décidé de monter sur le toit pour se changer la tête, emmenant le Northern Inuit -ou le Tamaskan, il n'avait aucune idée de la race de l'animal puisqu' Angela l'avait juste trouvé au beau milieu de l'animalerie- avec lui pour qu'il puisse se dégourdir les pattes. Le temps était chaud et sec en ce moment, aussi Nathan avait-il prévu de quoi boire pour son chien, ce qui lui éviterait d'avoir à le faire boire dans la cuisine juste à côté du dortoir.

    Lorsqu'il déboucha sur le toit, il contempla un instant la vue qui s'offrait à lui. Le noir complet en bas, et le bleu tacheté de constellation en haut. Le seul avantage à la perte de l'éclairage publique, vraiment, était qu'ils pouvaient a présent profiter chaque nuit de la vision enchanteresse de la voix lactée et des astres variés que contenait leur portion d'univers. L'étudiant se fit la réflexion qu'il devenait sacrément fleur bleue depuis qu'il sortait avec Angela, puis secoua la tête et balaya le toit du regard, cherchant son chien. Ce dernier se tenait à quelques mètres de lui, immobile, comme en arrêt. Suivant son regard, Nathan remarqua alors une silhouette faiblement éclairée par la lune et les étoiles, une grande silhouette mince reconnaissable, accompagné d'un animal au pelage immaculé qui brillait presque dans le noir. Vêtements noirs, cheveux noirs, peau pâle, chien blanc, bonsoir Jacob.
    Nathan s'approcha lentement de lui. Sa relation avec Jacob avait toujours été compliquée. Il considérait le grand échalas comme son ami, camarade d'infortune dans la même merde que lui depuis les premiers jours, mais l'autre n'était visiblement pas doué avec les manifestations d'amitié. Ou pas du tout intéressé, auquel cas c’était problématique. Ils ne passaient jamais de temps ensemble, à part cette fois ou Jacob s'était battu et que Nathan avait plus ou moins prit les soins en charge de manière absolument gay je propose que l'on évoque plus jamais cet épisode. Mais Nathan était naturellement attiré par les gens biens. Et malgré son évidente aptitude à l'auto-destruction, Jacob ne lui avait jamais parut mauvais, juste complètement paumé. Et triste.

    Taluk s'approcha doucement de Jacob et du chien blanc. Nathan savait que Taluk était toujours prudent aux abords de Jacob, pour une raison inconnue. Son chien semblait perplexe, sa queue remuant doucement de droite à gauche. De plus, en grandissant, les chiens du refuges commençaient certainement à établir des relations entre eux, d'ordre hiérarchique. Taluk était amical, mais de plus en plus incertain quand à l'attitude à adopter face à Allan, Sam, ou le chien blanc sans nom de Jacob.

    -Tu lui as toujours pas trouvé de nom, au final ?


    Au moins, avoir un chien, c'était un point commun entre eux, une façon de lancer la conversation.
    Ouais, Nathan avait encore des progrès à faire niveau social skills.

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MessageSujet: Re: † Rough Enough.   Sam 7 Juin - 17:14

    Le léger grincement de la porte des escaliers vint rompre le silence monotone de la nuit. Jacob baissa les yeux, immobile. Dracula sur son perchoir, faisant corps avec la nuit.

    Il sentit le chien à sa droite qui se raidissait, tendant le cou et les oreilles vers l'avant, suivant des yeux la silhouette qui s'éloignait de quelques pas, dos à eux. CM Punk ne broncha pas. Elle était d'un naturel plutôt zen. Le bruit régulier des griffes qui caressent le sol et une petite ombre à côté de la première lui indiquèrent que l'individu en question était propriétaire d'un chien. En forçant un peu, Jacob reconnut l'allure élancée et surtout la tignasse chaotique de Nathan. Il s'humecta pensivement les lèvres, sans pour autant bouger d'un poil. Jacob n'ayant jamais été en grande forme, il préférait éviter de dépenser de l'énergie inutilement ; et remuer sans but, c'était gaspiller ses forces. Peut-être était-ce aussi parce qu'il était bien plus actif intérieurement qu'extérieurement. Son cerveau s'agitait. Son corps restait inerte.

    Le chien se figea rapidement et fit volte-face, regardant dans leur direction. Nathan ne tarda pas à s'en apercevoir et en fit bien vite de même, pour finalement les apercevoir. Un frisson parcourut l'échine du chien à sa droite. Sans avoir besoin de tourner la tête, Jacob devina le battement de sa queue et l'excitation qui le gagnait. Le Berger n'avait pas l'occasion de jouer avec d'autres chiens - qui plus est des chiens de son âge - très souvent. Jacob tendant à s'isoler, le plus souvent en allant vadrouiller dans le mall et en ne se montrant que lorsque tout le monde dormait depuis longtemps, l'animal était un peu isolé socialement - surtout depuis que son maître consentait à l'emmener avec lui la plupart du temps. Du coup, chaque rencontre avec un confrère était pour lui une énorme source d'agitation. Il était content et en même temps totalement perdu.
    Reconnaissons-le. Les deux s'étaient bien trouvés. Le chien était un peu timide de nature. Ils formaient tous deux, à leur échelle respective, une belle paire d'handicapés. La seule personne normalement constituée de leur groupe devait être la tortue. Et encore, lorsqu'elle ne pétait pas des câbles, parce que des fois ça lui arrivait.
    Dans tous les cas un problème se posait pour le jeune chien puisqu'il était définitivement surélevé par rapport à son congénère et par conséquent hors d'atteinte : accéder au promontoire sur lesquels ils se trouvaient demandait quelques efforts que Jacob seul pouvait accomplir, en sa qualité de bipède doté de mains et d'aptitudes à l'escalade pas forcément folichonnes mais pas lamentables non plus.
    Il y avait vers l'arrière un compartiment métallique réservé aux disjoncteurs qu'il était possible d'escalader, et duquel l'on pouvait accéder à la parcelle où ils étaient. Celle-là même qui était réservée aux tireurs lors du combat face à Guernica. Jacob avait déplacé une vieille caisse au bas du caisson à disjoncteurs histoire qu'il soit plus facile d'y hisser le chien. Ca faisait trois marches à l'escalier, plutôt que deux. Jusque là ils s'étaient plutôt bien débrouillés.

    - Tu lui as toujours pas trouvé de nom, au final ?

    Un petit sourire fleurit sur les lèvres de Jacob et son visage se décrispa un peu. Baissant un peu la tête, il se massa lentement la nuque, avant de remonter jusqu'à son menton, désormais recouvert, au même titre que ses joues et à vrai dire une bonne partie de son visage, par un peu plus d'un centimètre d'une épaisse barbe qui n'avait de toute évidence pas été entretenue depuis un bon moment. Et qui ne risquait pas de l'être avant un certain temps.
    Le chien, allongé à côté de lui, avait légèrement penché la tête sur la droite lorsque Nathan avait pris la parole.

    - Ersatz.

    Ce n'était pas forcément un nom approprié pour un chien, ce n'était pas forcément un nom non plus, mais Jacob n'avait jamais revendiqué le statut de donneur de nom professionnel, moi non plus d'ailleurs.
    Il avait eu ce feeling.
    Il avait eu beau se triturer les méninges dans tous les sens, chercher un nom convenable, quelque chose de correct et de commun, rien n'avait réussi à s'imposer, rien, si ce n'est ce seul mot, qui, paradoxalement, s'était imposé à lui dès le début, dès les premiers instants, comme s'il avait dû en être ainsi et jamais autrement.
    Ersatz.
    Comme cette paix et cette gaieté illusoires qu'il avait vu briller lorsque le chiot s'amusait avec le petit protégé de Morgan, sur Sun Plaza.
    Comme la fausse promesse d'une vie moins douloureuse que lui offraient ces cachets à la blancheur immaculée - blancs, comme ce petit chien.
    Comme cette impression que ça irait mieux par la suite mais qu'il s'obstinait à réfuter inlassablement, persuadé qu'il s'agissait bien plus d'un espoir que d'un véritable pressentiment. Comment les choses auraient-elles pu s'améliorer, de toute façon. On ne pouvait revenir en arrière. Tout était foutrement foutu.

    Oui. Ce chien ne pouvait prendre d'autre nom qu'Ersatz.

    - C'est un peu bizarre mais... je me suis dit que ça lui allait bien, dit-il en baissant les yeux, comme pour se justifier.

    Cherchant désespérément un moyen de détourner sa propre attention pour oublier l'espèce de sentiment de gêne qui s’immisçait en lui à chaque fois qu'il se retrouvait confronté à une situation où son âme risquait d'être mise à nu, ou aperçue ne serait-ce qu'un tout petit peu, Jacob grattouilla mine de rien l'encolure du chien, qui tendit un peu la tête vers lui comme pour lui offrir une meilleure prise. Il ne cessait pourtant pas de fixer Taluk.
    L'homme hésita. Il allait sûrement devoir descendre en même temps que son chien pour que celui-ci puisse aller s'amuser avec l'autre, si il le voulait bien. Et si Nathan acceptait, d'ailleurs. Trop de si, trop de possibilités d'interaction et de refus, trop de variables. Son cerveau saturait et ses jauges viraient au rouge.
    Voilà pourquoi Jacob s'isolait.
    Il se flinguait l'encéphale et n'était même plus capable d'avoir une interaction minime avec autrui.
    Alors il partait seul et se flinguait encore plus. C'était un cycle destructeur aussi stupide que pathétique.
    Pathétique, comme lui.
    Connard, va.

    - C'est plus efficace pour le dresser, souffla-t-il, faisant par la même occasion taire les multiples pensées contradictoires qui commençaient à fuser dans sa tête. Et tentant, à sa manière, de poursuivre la conversation.

    On notera l'effort, qui n'était vraiment pas négligeable.

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MessageSujet: Re: † Rough Enough.   Dim 27 Juil - 0:23

    >> Nathan sourit. C'était totalement Jacobien, un nom pareil.
    Lui, il avait immédiatement donné a son chien le nom de Taluk parce qu'il avait un jour croisé le mot Inuit "Talu" qui voulait dire "protection, abri". Et il s'en félicitait, parce que son chien avait de plus en plus l'air d'un loup, et qu'il était fort probable que ce soit un Northern Inuit. Son pelage était celui d'un loup gris commun, mais il était plus élancé, et bien plus sociable que ses cousins des forêts. C'était le plus grand chien du refuge, et il prenait parfois un peu trop de place, mais c'était un animal courageux et bien dressé, aussi Nathan n'avait-il pas reçu beaucoup de plainte. 

    Erzats, lui était aussi inconnu que son maître, avec qui il passait presque tout son temps. Taluk, curieux et ravi d'avoir un compagnon, s'arrêta au bas du bloc sur lequel se tenait Jacob et s'appuya dessus, dressé sur ses pattes arrières, et poussa un jappement plaintif pour appeler son camarade à poils.

    -C'est plus efficace pour le dresser.

    Woah, Jake, calme the fuck down, tu vas te blesser la langue si tu parles trop...
    Nathan laissa échapper un petit rire.Dresser un chien sans nom, en effet, c'était difficile, si on ne pouvait même pas le rappeler à l’ordre.

    -Je comprends... J'ai presque fini avec Taluk, mais c'était vrai qu'avec des chiens de cette taille vaut mieux les garder à l'oeil et leur apprendre à obéir.

    Son chien tourna la tête vers les, les oreilles dressées, et descendit de sa posture bipède pour venir s'appuyer contre ses jambes, la langue pendante et la queue battante. Boule d'affection débile, va. Son maître lui grattouilla la base des oreilles, ce qui lui valut de recevoir quelques coups de langue sur le dos de la main, puis Taluk retourna s’intéresser à Ersatz, faisant deux fois le tour du perchoir de Jacob avant de retourner a sa stature initiale, les pattes avant contre le mur et la tête levée.

    -Sinon, ajouta-t-il, Lorentz va les foutre dehors si ils mettent trop le bordel.


    Nathan se frotta la nuque, soulevant ses cheveux qui commençaient à être un peu trop longs, appréciant l'air de la nuit sur son cou, puis la laissa retomber contre son flanc. Il s'approcha encore un peu, avec un genre de prudence contenue, inconsciemment, comme si il essayait d'approcher un animal craintif.

    -Je peux squatter ton perchoir ?


[Désolé c'est court mais je me suis dit que c'était mieux que rien ._.]

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MessageSujet: Re: † Rough Enough.   Sam 23 Aoû - 18:10

    Leur apprendre à obéir.

    Jacob observa Ersatz. Pouvait-on dire que Jacob avait appris à son chien à obéir ? Cette question avait de quoi le laisser perplexe.
    Il n'avait jamais eu d'animal auparavant, sa famille adoptive n'étant pas très branchée poils, plumes et écailles. Si on pouvait considérer que les Stark avaient jamais eu un animal de compagnie, alors ce devait être lui, et personne d'autre. Il avait des fois eu le sentiment que Mr. Stark avait fait le choix de l'adopter principalement pour faire plaisir à sa femme, comme un concubin aurait cédé aux caprices de son aimée ; certaines voulaient désespérément un chiot ou un chaton, d'autres, un enfant. Un petit gosse allemand totalement paumé, avec de gros problèmes de santé et une tendance incontestable à l'autodestruction — tous ces petits détails qui faisaient qu'il n'aurait jamais été adopté en tant qu'animal.
    Dans tous les cas son expérience en matière de dressage culminait à hauteur de zéro et que le dressage d'Ersatz s'était fait sur le tas. Entre deux migraines. Et trois prises de cachets. C'était donc sur des bases absolument pas saines qu'il s'était lancé dans la folle aventure du dressage de chien de berger, armé de sa personnalité absolument pas dominante d'absolument pas mâle Alpha et de sa peur irascible des responsabilités et de la dépendance d'autrui vis-à-vis de lui.
    Pourtant, ça avait plutôt bien marché. Maintenant qu'il y songeait, il ne se remémorait pas avoir connu de véritables difficultés avec Ersatz, sauf peut-être dans les premières semaines, quand il cherchait par tous les moyens une façon d'échapper au regard d'aigle du petit chiot qui le suivait partout et qu'il n'y parvenait pas parce que justement, ce petit chiot s'entêtait à le suivre partout. Ersatz avait toujours été d'un naturel très calme et attentif. Ersatz n'avait pas fait de conneries. Ersatz semblait naturellement doué pour comprendre ce qu'il attendait de lui. Ersatz était peut-être surdoué. Ou juste incroyablement sensible, auquel cas son désir de liberté et de dominance avaient cédé la place à la profonde pitié que lui inspirait son pauvre maître.
    On aurait cru que Jacob et lui avaient tissé une sorte de lien invisible, quelque chose qui les liait spirituellement l'un à l'autre. Parler d'âmes sœurs aurait été largement exagéré mais ils s'accordaient tous deux très bien. Jacob avait parfois le sentiment d'avoir trouvé son alter ego canin, ou plutôt un esprit jumelé à lui qui compensait sans effort chacun des aspects de sa propre personnalité. Jacob avait eu besoin d'Ersatz et Ersatz avait eu besoin de lui. L'homme ne connaîtrait jamais l'histoire du chien dans sa totalité, mais il avait le sentiment que tous deux avaient eu des expériences similaires dans leurs vies. Il espérait juste que celles du Berger n'aient pas été aussi catastrophiques que les siennes.

    — Je ne sais pas s'il les mettrait vraiment dehors malgré ses menaces, répondit-il finalement en relevant les yeux vers Nathan. On dirait qu'il aime bien les chiens.

    Ou en tout cas, il aimait bien Sam, même s'il semblait faire de son mieux pour le cacher aux yeux du reste de la communauté humaine de Sun City.
    Lorentz, grosse brute au grand coeur. L'idée était plaisante. Beaucoup avaient déjà dû l'envisager.

    — S'il devait vraiment mettre quelqu'un à la porte, ça serait sûrement nous, sourit-il enfin.

    Un peu plus bas, Taluk, le chien de Nathan — enfin, chien... loup... husky, aucune idée, Jacob ne s'y connaissait pas vraiment dans ce domaine –, semblait frustré de ne pas pouvoir rejoindre Ersatz. Ce dernier, visiblement intéressé, l'observait d'un air attentif, toujours allongé auprès de Jacob.

    — Je peux squatter ton perchoir ?

    Jacob papillonna des yeux et finit par hocher la tête.
    Prenant appui sur ses mains, il se déporta légèrement sur le côté, ce qui en soi ne servait pas à grand chose puisqu'il y avait largement assez de place pour eux deux sur le rebord, mais était pour lui un moyen de signaler à Nathan que la voie était libre.
    Les Messages Télépathiques de Jacob. Toi aussi apprends à décrypter le langage corporel de l'autiste pour mieux savoir gérer ton quotidien avec eux, parce que sinon, c'est quand même pas facile.

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† Rough Enough.
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