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 Standing on the edge | Mythri

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Icare
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MessageSujet: Standing on the edge | Mythri   Sam 10 Oct - 12:08



    Icare fixait le plafond.
    Depuis combien de temps était-il ici ? Le jour était certainement levé, puisqu'il était seul. Cependant, il se trouvait ainsi allongé sur le dos, ces iris océan cernés de violet pointés sur le plafond depuis bien avant que ses comparses se soient levés. Il s'était couché un peu après les autres, s'installant en veillant à faire le moins de bruit possible entre les silhouettes immobiles des réfugiés. Le blond avait l'impression que son attention était fixée sur le ciment froid et délavé qui le surplombait depuis cet instant où il s'était étendu. L'insomnie était quelque chose qui lui était familier, depuis le temps ; il écoutait avec envie les respirations calmes et régulières de ceux qui, parmi eux, parvenaient par on ne savait quel miracle à trouver le sommeil. C'était pourquoi il restait rarement au refuge la nuit en dehors de ses quatre ou cinq heures de repos quotidiennes.

    Il avait fait le choix de ne pas se lever, aujourd'hui, car comme rarement, il n'avait absolument pas dormi. Il sentait qu'une difficulté assez violente approchait, sans réellement en comprendre la nature, sans réellement saisir s'il s'agissait de quelque chose qui lui serait spécifique ou si ce grand malheur toucherait la totalité du refuge. Icare n'aimait pas ça, et quand ce sentiment l'atteignait, il se trompait rarement.
    Comme s'il avait besoin de ça.

    Le musicien se redressa entre ses couvertures et enfila un t-shirt gris, qui avait un jour appartenu à un certain Filippo - bizarrement, il n'avait aucun scrupule à porter des vêtements qui avaient habillé un mort - et son sempiternel jean gris. Il agissait mécaniquement, sans réellement savoir ce qu'il allait faire après, et se trouva bien con une fois debout.

    Et en plus d'être con, il n'était pas seul.
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Mythri
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MessageSujet: Re: Standing on the edge | Mythri   Lun 12 Oct - 9:48



    Mythri faisait pour sa part partie de ceux qui dormaient comme des pierres quelques minutes après s'être fourrés dans leur lit de camp.
    Elle n'avait jamais eu le sommeil facile, et flirtait même avec l'insomnie depuis quelques mois avant la catastrophe, mais avait, depuis son arrivée au refuge, découvert le bienfait salutaire de l'épuisement sur le sommeil. Elle était tout le temps dehors, marchant, courant dans les couloirs. Soulever des objets lourds, se lever tôt, se coucher tard, et se dépenser entre les deux lui apportaient la lourdeur du sommeil de plomb des morts. Ce n'était pas un hasard, une conjecture heureuse, mais bien un choix : sinon, elle ne trouverait pas le sommeil.

    Elle s'était levée tôt, encore une fois. Faute de réveil, elle estima qu'il devait être six heures du matin. Après une balade sur le Toit -le jour pointait à peine, le soleil ardent de la Californie se levait doucement pour ce qui promettait d'être une chaude journée- et un petit-déjeuner frugale et silencieux malgré la présence de quelques autres réfugiés -Mythri n'était pas du matin- elle partit à l'aventure, une fois encore. Elle faisait toujours le même tour du centre, et le faisait plusieurs fois, dans tous les sens, à la recherche de denrées alimentaires, surtout, ou de choses pouvant servir à construire leur propre auto-suffisance.
    Sauf que aujourd'hui, elle avait oublié sa batte, et, pire encore, son couteau. Elle pâlit en s'en rendant compte, à une centaine de mètres du refuge. Priant pour ne pas rencontrer de goules, elle courut jusqu'au refuge, où elle décida qu'aujourd'hui n'était peut-être pas le bon jour pour prendre des risques. Elle se réserva donc la matinée pour ne rien faire. Choix effrayant.

    C'est ainsi qu'elle croisa Icare dans le dortoir à une heure plutôt avancée de la matinée, une serviette de plage sur ses cheveux fraîchement lavés, en boxer avec un vieux t-shirt bleu marine plutôt délavé -qui se trouvait justement appartenir à Filippo aussi. En voyant la silhouette blonde qui lui tournait le dos, Mythri pâlit, pour deux raisons : elle ne pensait pas trouver qui que ce soit ici à cette heure, et cet Icare ressemblait bien trop à un fantôme de son ancienne vie. De dos du moins, puisque le doute ne subsistait plus face au visage creusé, aux yeux bleus et profonds de Icare, si différents des iris marrons et chaleureux qu'elle connaissait. Et regrettait.
    La situation était d'autant plus étrange que la dernière fois que Mythri s'était retrouvée seule avec le blond, ils avaient failli mourir. Forcément, ça tisse des liens.

    ─ Oh, salut! Je suis désolée, je ne m'attendais pas à trouver quelqu'un ici. Tu es malade ?

    Question stupide, mais qui était sortie toute seule : en effet, Mythri ne voyait pas comment on pouvait avoir envie de rester seul dans le dortoir pour fixer le plafond sur un lit peu confortable -vue assez inintéressante- avec pour seule compagnie beaucoup trop de soucis et de souvenirs.

    [Whuut, désolée du pâté promis j'ai pas fait exprès xD]

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Icare
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MessageSujet: Re: Standing on the edge | Mythri   Mar 13 Oct - 14:45

    ─ Oh, salut! Je suis désolée, je ne m'attendais pas à trouver quelqu'un ici. Tu es malade ?

    Mythri.
    C'était assez étrange de la croiser ainsi, en t-shirt et visiblement tout juste sortie d'une douche. D'une part dans cet endroit qu'était le dortoir, qui jurait cordialement avec le caractère complètement random d'une Mythri en slip qui apparaît telle une porcelaine dans un magasin d'éléphants - un peu morts mais qui marchent quand même - mais aussi parce que la dernière fois qu'ils s'étaient croisés, ils avaient eu à éviter un nombre assez phénoménal de goules, et ne s'en étaient sortis que grâce à la magie du RP. Alors la croiser ici tranquilou à lui demander posément si ça allait bien, ça jurait un peu avec ses souvenirs de course-poursuite façon The Walking Dead.

    Mais très franchement, c'était beaucoup plus plaisant.
    Et du coup, comme il n'était plus tout seul Icare se sentait d'un coup beaucoup moins con. Un humain, c'était pratique, ça occupait drôlement l'esprit. Encore plus une humaine qu'il appréciait bien - poutrer du zombard main dans la main, ça rapproche, faut pas croire - et avec qui il se sentait relativement à l'aise, ce qui était loin d'être le cas de tous les humains qu'il fréquentait au refuge Lorentz style.

    Et point positif, elle ne semblait pas avoir de chien.
    D'ailleurs, c'était assez phénoménal que ce soit permis, mais ça...

    ─ Tout comme, mais ça va. Je manque seulement de sommeil.

    Il s'assit sur son espèce de matelas, invitant sa camarade à en faire de même. Cherchant inconsciemment à s'occuper les mains, le musicien attrapa son violon - en ayant, comme à chaque fois qu'il se trouvait avec l'instrument entre les doigts, une pensée reconnaissante à l'égard de Morgan - et se mit à l'accorder.

    ─ Tu restes au refuge, aujourd'hui ?
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MessageSujet: Re: Standing on the edge | Mythri   Mar 13 Oct - 19:06


    [Finalement je n'ai aucune pitié pour ton sentiment d'accomplissement personnel : encore un rp auquel tu dois répondre, vile créature e__e]


    L'avantage de la Californie, c'est que même en automne, il faisait chaud. Donc se promener en boxer ou en short dans le mall ne posait pas vraiment problème -il faudrait d'ailleurs que Mythri aille se trouver un pantalon, puisque son short ressemble maintenant à un vieux torchon plein de sang.
    Elle s'assit donc à côté de Icare, pas gênée le moins du monde; après tout, elle n'était ni pudique ni attirante, et son t-shirt trop grand couvrait largement tout ce qu'il n'y avait de toute façon pas à voir, déjà parce qu'elle était assise, et en plus parce qu'elle était plus plate qu'une planche à repasser. Et puis, Icare n'était pas comme ça. Ni personne dans le refuge d'ailleurs à sa connaissance, heureusement. Mythri fut soulagée que le blond lui fasse l'honneur de la distraire en répondant à sa question de manière à lancer une vraie conversation qui l'empêcherait de penser à un tas de conneries pas très cohérentes -ce qui lui arrivait souvent, elle pensait trè-op vite.

    ─ On peut sûrement aller chercher des somnifères à la pharmacie si ça n'est que ça.

    Et s'ils sont périmés, tu risques de dormir un peu trop longtemps... Non, ça n'était pas une si bonne idée finalement. La jeune femme détacha la serviette de ses cheveux. Elle était trop petite pour sa chevelure épaisse, qui, bien que ne lui arrivait qu'au milieu des omoplates, était quasiment impossible à rentrer en entier dans une serviette, fut-ce une serviette de plage -pour enfant, ok- comme celle qu'elle avait. Aussi entreprit-elle d'enlever cette serpillière de sa tête, ce qui lui redonnait à la fois apparence humaine et pseudo-dignité, et lui permit même de sécher ses cheveux avec ladite serviette, sans se soucier de faire des nœuds. Elle n'aurait qu'à faire un gros chignon avec tout ce bordel quand ça serait sec, et voilà. Elle n'avait jamais été très glamour, mais alors en des temps comme ceux qu'ils vivaient, c'était le dernier de ses soucis.

    ─ Je pensais aller faire un tour en début d'après-midi, mais rien de définitif. Tout dépend de ce que je trouve à faire ici. J'ai tout un tas de trucs que j'ai envie de faire, mais bizarrement je ne trouve jamais le temps, et pourtant les journées sont interminables ici.

    Reprendre le dessin, ou plutôt aller trouver un matériel décent pour le faire, apprendre la musique, un incontournable pour animer les soirées au refuge -elle avait bien fait deux ans de violon de ses cinq à sept ans, mais aurait été bien incapable de l'accorder comme le faisait Icare, et le regardait donc accomplir cette besogne avec un respect circonspect-, se muscler encore un peu plus, apprendre les arts martiaux -pourquoi ??-, s'étirer pour chasser les vilaines courbatures qui hantaient son corps, ne rien faire, respirer, aller trouver des bouquins, les annoter, bref, vivre. Et à la place, elle se promenait sans but. Peut-être que la perspective d'une vie normale dans un monde aussi chamboulé était trop étrange pour l'instant.
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MessageSujet: Re: Standing on the edge | Mythri   Jeu 15 Oct - 12:14

    ─ On peut sûrement aller chercher des somnifères à la pharmacie si ça n'est que ça.

    En soi, ça ne semblait pas une si mauvaise idée.
    Cependant, Icare aimait assez peu l'idée d'avoir recours à des moyens chimiques pour s'endormir, d'une part par fierté un peu puérile d'être dité de testostérone, d'autre part parce que cela supposait qu'il ait nettement plus de difficultés à se réveiller, puisque le sommeil était artificiel. Si quelque part son sommeil de plume qui s'estompait à la moindre manifestation du monde extérieur lui avait quelques fois posé problème, il avait au fil du temps accepté cette condition comme inhérente à son être et se trouvait même rassuré de pouvoir se réveiller à la moindre menace. Et même si ça n'était pas très reposant, c'était assez attrayant quand on était entourés de zombies... Bon après, le refuge jouissait d'une relative sécurité qui limitait les risques d'intrusion intempestives de goules, donc c'était assez peu à propos, mais c'était important dans sa propre conception de la sécurité.

    ─ Je pensais aller faire un tour en début d'après-midi, mais rien de définitif. Tout dépend de ce que je trouve à faire ici. J'ai tout un tas de trucs que j'ai envie de faire, mais bizarrement je ne trouve jamais le temps, et pourtant les journées sont interminables ici.

    Bah, c'était un prétexte de sortie comme un autre, et plutôt positif comme il aimait bien Mythri et que cela donnerait lieu à un second topic avec elle. Et puis, même s'ils n'allaient pas chercher des somnifères, ils pourraient toujours trouver des vêtements ou de la bouffe. Puis merde, ils pouvaient bien aller faire un tour à la pharmacie ; si lui ne consommerait de somnifère qu'un couteau sous la gorge ou qu'une hache au dessus de son violon - non, il ne déconnait pas avec ses instruments de musique - il y aurait bien quelqu'un qui en aurait besoin ici. Ils trouveraient bien à troquer tel butin contre une parqua ou de quoi tenir l'hiver - parce que merde, y'allait bien y avoir un moment où ça commencerait à cailler, non ? - ou quoi que ce soit d'autre qui puisse être utile à l'un ou à l'autre.

    — J'aime pas trop les somnifères. Je préfère encore être crevé à mourir que d'en bouffer. Mais on pourrait bien faire une descente à la pharmacie, je pense que l'infirmerie doit tirer une sale gueule.

    Ce faisant, il n'avait cessé de jouer avec son violon, testant les cordes, ajustant les sonorités les unes par rapport aux autres. Sans qu'il aie l'oreille absolue, son expérience de musicien lui permettait d'accorder son instrument à l'oreille sans trop se tromper. Il lança un regard à Mythri, qui avait entreprit de sécher son impressionnante masse de cheveux avec ce qui ressemblait, au milieu de ce fourbi de mèches innombrables, à un torchon de vaisselle - ou une toute petite serviette. Cette tignasse faisait vraiment anachronique avec le petit être qui en était propriétaire, comme les iris délavés démesurément grands qui se trouvaient au milieu de son visage.

    Mais incontestablement, Icare l'aimait bien.



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MessageSujet: Re: Standing on the edge | Mythri   Ven 16 Oct - 10:34



    Les notes tirées du violon résonnaient de façon étrange dans le silence qui régnait de le dortoir. Un peu comme un souvenir lointain qui réapparaît timidement dans un monde désolé, souvenir d'un monde de vie, de joie, de musique. Mythri se demandait si Icare allait à un moment ou à un autre se mettre à jouer, et surtout, comment il faisait pour accorder l'instrument avec autant de désinvolture, menant une conversation en parallèle. Cela seul témoignait d'une grande habitude de la pratique de l'instrument, ce qu'elle estimait au plus haut point, d'autant plus qu'aucune des courtes notes qui sortaient du violon n'était vraiment fausse, ou du moins ne le restait pas longtemps.

    ─ Possible, je crois que j'ai utilisé les derniers cachets d'anti-douleur l'autre jour, après Sun Plaza...

    Elle pensa aux nouvelles cicatrices qui ornaient dorénavant son dos, premières esquisses sur une toile vide. Si cela pouvait s'arrêter là, elle en serait satisfaite.
    Elle ramena, comme prévu, ses cheveux en gros chignon sur sa tête, geste machinal qui faisait partie du peu de choses qui avaient perduré dans ses habitudes entre l'avant et l'après. Car il faut dire que les gestes qu'elle effectuait au quotidien n'avaient pour la plupart pas fait long feu, pour des raisons de possibilité, déjà, mais aussi de volonté. Pas question de traîner au lit quand il n'inspire plus ce sentiment délicieux de sécurité et de chaleur, mais l'impression de perdre son temps, de ne pas vivre et de se faire dévorer par son propre esprit.

    ─ Dans l'idéal, il faudrait aussi que je trouve de quoi renouveler un peu ma pauvre garde-robe. Surtout avec l'hiver qui arrive. Je ne l'ai jamais connu rigoureux en Californie, mais peut-être que sans nous -ce nous désignait l'espèce humaine en général- il en sera autrement.

    Elle eut un sourire un peu amer.

    ─ Si j'avais su, je me serais habillée autrement le jour où je suis sortie de chez moi...

    Tongs et short, pas le bon plan pour courir ni rester propre -de toute façon, les tongs n'avaient jamais vu le mall, elles avaient craqué avant quand elle avait voulu courir, il faut dire qu'elles étaient vieilles.
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Icare
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MessageSujet: Re: Standing on the edge | Mythri   Mer 28 Oct - 23:14

[La dernière réponse à ce topic datait de l'anniversaire de ma mère, et j'y réponds le jour de celui de mon frère... Pour me faire pardonner cet énorme retard, j'ai fait un gros pâté, voilà u_u]

    Icare avait vaguement conscience du regard que portait Mythri sur ses doigts nonchalants, qui allaient du manche aux mécaniques en glissant sur les cordes avec la vitesse et l'efficacité qu'engendrait la pratique. C'était quelque chose d'extrêmement gratifiant pour lui, bien qu'il n'en laissât rien paraître, et putain j'espère que cette conjugaison est correcte. En effet, Icare n'était pas vraiment quelqu'un d'adroit : assez peu réfléchi, profondément peu concentré, se lassant vite des choses, fondamentalement couard et de surcroît doté d'un sens de l'orientation absolument déplorable, sa pratique de la musique était bien la seule chose qui éveillât - en fait ça sonne bien - jamais en lui de l'orgueil, redorant un peu ce blason qui se présentait à ses yeux comme peu reluisant. Il connaissait à la musique cet effet fédérateur, et bénéficiait non sans fierté de ce respect tacite et universel que vouait l'humanité aux musiciens.

    S'il lui restait un peu d'estime de lui-même, c'était bien grâce à ce violon qu'il accordait entre ses mains.
    A la réflexion, il se sentait de meilleure humeur.

    ─ Possible, je crois que j'ai utilisé les derniers cachets d'anti-douleur l'autre jour, après Sun Plaza...

    Icare grimaça.
    L'échec avait été cuisant, et en plus du trophée peu glorieux que constituait leurs quelques cicatrices durement gagnées, la honte ressentie lorsque Lorentz les avait sauvés restait toujours vivace. Il se sentait depuis comme un gamin qu'on avait réprimandé après une grosse bêtise - ce qu'il devait être, aux yeux du militaire, avec qui la différence d'âge créait naturellement cette position de supériorité du grisonnant par rapport à lui-même - ce qui était passablement humiliant. le blond était profondément reconnaissant à Mythri de ne pas lui en vouloir, d'ailleurs - sauf si cette remarque constituait en fait un reproche dissimulé, auquel cas il avait sacrément perdu en skills de compréhension implicite de l'autre - puisqu'une grande partie de ce qui était arrivé était, à la réflexion, entièrement sa faute.

    En fait, là maintenant, il se prenait à espérer que cette remarque ne soit réellement pas un reproche. Il ne lui resterait alors plus qu'à se rouler en position fœtale jusqu'à ce que mort s'ensuive.

    ─ Dans l'idéal, il faudrait aussi que je trouve de quoi renouveler un peu ma pauvre garde-robe. Surtout avec l'hiver qui arrive. Je ne l'ai jamais connu rigoureux en Californie, mais peut-être que sans nous, il en sera autrement. Si j'avais su, je me serais habillée autrement le jour où je suis sortie de chez moi...

    Icare lui rendit son sourire - non, la petite veste en lin c'était pas non plus le bon plan, mais les docs, damned j'ai jamais eu une aussi bonne idée - pas mécontent de bien avoir interprété sa précédente réplique, puisqu'elle ne semblait pas lui en vouloir. Il souffla un peu, regrettant que le manque de sommeil le laisse autant à fleur de peau et prompt à la déprime paranoïaque. Cependant, il parvenait à se concentrer sur la conversation de manière acceptable, et de rejoindre les préoccupations presque futiles de Mythri. Oui, il avait besoin de fringues aussi, il allait pas piquer sur des cadavres toute sa vie, et ce serait véritablement un plaisir de le faire en sa compagnie. Et peut-être même qu'un détour à la pharmacie, s'ils passaient entre les goules, pourrait être envisagé.

    ─ Tu m'étonnes, Sun Plaza m'a laissé quelques séquelles aussi... Mais des fringues ne seraient pas de refus non plus, je ne sais même pas si le chauffage du refuge marche encore. Et attendre que les occupants meurent pour piller leurs casiers me paraît bien pessimiste...

    C'est alors que le jeune homme plaça son violon, et commença à jouer. Immédiatement, il ressentit en lui ce bien-être total et caractéristique de celui qui, faisant exactement ce qu'il aime au moment où il le veut, maîtrisant de manière absolue toutes les composantes d'une situation en agissant exactement de la manière dont il devrait agir de façon tout à fait instinctive, atteint un état de plénitude totale. C'était spontané, quelques notes sans réellement de sens, quelques notes d'habitudes qu'une oreille exercée apprend rapidement à jouer les unes après les autres sans réfléchir, simplement parce que ça sonne agréablement à l'oreille. Une mélodie improvisée de quelques secondes sans prétention, sans volonté de plaire, d'émouvoir ou d'impressionner qui que ce soit, jouées simplement parce qu'elles devaient l'être à ce moment précis de l'existence, comme dans la continuité logique et naturelle d'une conversation banale dans un dortoir improvisé par quelques survivants réfugiés dans un centre commercial au milieu d'une apocalypse zombie.

    ─ J'irai avec toi avec plaisir. Cet après-midi donc ? J'ai décrété que je ne faisais rien de ma matinée, je manquerait d'intégrité en revenant sur ma décision.

    Son humour à lui s'était étrangement bien développé avec l'apocalypse.


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Mythri
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MessageSujet: Re: Standing on the edge | Mythri   Jeu 29 Oct - 10:14


    [Tqt y'a pas de problèmes, la belle gueule de Icare dans la signature me fait tout oublier :B
    "Innu re-découvre les joies de l'imparfait du subjonctif, tome I" xD -du moins je crois que c'est bien ça cette foutue conjugaison]


    Mythri préférait ne pas penser à cette histoire de chauffage. Quand elle vivait encore en appartement, dans le suburb de San Diego, elle n'avait jamais eu besoin de chauffage. Le climat californien associé au fait que tous ses voisins chauffaient leur appartement suffisait largement -la chaleur passait à travers les cloisons, sous les portes, jusqu'à son nid à elle, parasite qu'elle était. Mais étrangement, cet aspect de sa vie ne lui manquait pas tellement. L'appartement ne lui manquait pas -ce qu'il signifiait, les souvenirs, si, mais pas le lieu en lui-même. La vie en collectivité était peut-être faite pour elle, finalement, malgré ce qu'elle avait toujours cru. Elle était un être profondément extraverti qu'une succession de blessures et d'épreuve avait fait se recroqueviller dans une forteresse de solitude, mais ça n'avait pas changé qui elle était, au fond. Plus besoin de dresser des barrières, ou du moins, pas tant. Pas avec eux, les réfugiés. Vivant avec eux depuis plusieurs mois, aucun ne la connaissait vraiment, mais ils auraient été surpris de savoir que tous la connaissaient bien plus que les trois quart de ses connaissances d'avant. Elle n'avait plus besoin de se cacher pour se protéger. On n'allait jamais la chercher dans sa forteresse de solitude quand elle s'y barricadait, elle n'avait pas besoin d'afficher un faux sourire. Il suffisait qu'elle aille sur le toit, pour réfléchir. Si elle n'avait pas envie de parler, elle pouvait le dire, et l'autre comprenait.

    Icare se mit à jouer. Le son du violon réveilla chez Mythri une certaine mélancolie. Il lui rappelait son enfance, avant la mort de son père. Quand c'était elle qui jouait, avec ses petits doigts boudinés, pendant que ses parents la regardaient avec un sourire, fiers de leur petit singe savant. Bien sûr, ils ne voyaient pas les choses comme ça -mais c'était tout de même un peu le cas. Elle en avait tellement fait, pendant tellement longtemps, s’entraînant pour leur plaire, que la pulpe tendre de ses doigts d'enfant avait été agressée par les cordes de crin de l'instrument. Elle avait même saigné, elle s'en souvenait, mais ça n'était pas grave. Juste une partie de l'apprentissage. Et puis, elle avait laissé tombé, et sa mère aussi -faute d'envie, de moyens, de raisons. Et le petit violon était resté au fond du placard.
    La mélodie s'arrêta, mais la note finale sembla flotter dans l'air pendant quelques minutes encore.

    ─ Ca me va. J'approuve cette décision... j'avais oublié à quel point c'est bon de ne rien faire. Je veux dire, de pouvoir faire des trucs normaux, sans avoir à se soucier de savoir si un mort-vivant va débarquer pour mettre fin à une conversation.

    Depuis combien de temps n'avait-elle pas pris le temps de "faire des trucs normaux" ? Elle frissonna presque en envisageant la réponse. Trop longtemps, d'accord.
    Elle montra le violon d'un petit signe de tête.

    ─ Tu peux m'apprendre ? J'en ai joué pendant quatre ans quand j'étais petite, mais je pense que j'ai tout oublié.

    La seule chose qu'il manquait au refuge pour devenir un foyer, c'était finalement une cheminée où faire de bons feus de bois. Mythri se demanda d'où elle tirait cette idée, dans la mesure où elle avait toujours vécu dans des appartements sans cheminée.

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MessageSujet: Re: Standing on the edge | Mythri   Dim 1 Nov - 0:05

    ─ Ca me va. J'approuve cette décision... j'avais oublié à quel point c'est bon de ne rien faire. Je veux dire, de pouvoir faire des trucs normaux, sans avoir à se soucier de savoir si un mort-vivant va débarquer pour mettre fin à une conversation.

    Tu m'étonnes.
    C'était en cela que Icare était heureux de se retrouver face à elle au Dortoir, et pas ailleurs dans le mall. Jusqu'ici, il n'avait encore jamais vécu de situation à l'extérieur du refuge qui ne se soit pas soldée par une intrusion de goules coupant net un débat des plus intéressants, une dispute ou une banale et joyeuse course à l'item, les forçant, lui et son interlocuteur de circonstance, à piquer un sprint improvisé jusqu'à leur sécurité. C'était stressant et inconfortable, et si c'était propice à la camaraderie, le musicien se serait, dans bien des cas, passé du traumatisme de visions aussi ragoutantes que des corps en décomposition.

    Il y avait des choses auxquelles on ne se faisait pas.
    La jeune fille montra le violon d'un vague mouvement du chef.

    ─ Tu peux m'apprendre ? J'en ai joué pendant quatre ans quand j'étais petite, mais je pense que j'ai tout oublié.

    S'il était passé par de nombreuses étapes au cours de son parcours musical, ce que lui demandait Mythri faisait clairement partie de ce qu'il n'avait jamais envisagé. S'il avait à peu près essayé tous les instruments, expérimenté pas mal de trucs sur ceux avec qui il était le plus à l'aise, jamais il n'avait eu ni l'occasion ni même l'idée d'apprendre ce qu'il savait à quelqu'un. C'était bien simple : jamais le violoniste ne s'en était senti légitime. Si doué qu'il fût - parce qu'il l'était, tout de même - jamais le blond ne s'était senti capable d'endosser le rôle d'enseignant, prenant au passage la responsabilité de devenir une référence pour son élève. De plus, enseigner, c'était consentir à partager ses bottes secrètes, ses techniques élaborées maison pour créer et jouer un morceau, trésor que le jeune homme conservait jalousement.

    Et puis, il n'était qu'un gamin n'ayant même pas atteint le quart de siècle, il n'était - ou ne se considérait - aucunement comme un maître en la matière.

    C'est alors qu'une pensée traversa son esprit. Il ne pouvait récupérer son propre instrument, parce qu'il était resté dans son appartement, à l'extérieur du mall. Si faire quelques pas dehors représentait le plus grand des risques, alors il était possible que tous les autres musiciens de la ville aient rejoint les rangs des morts-vivants. Et jusqu'où s'étendait l'épidémie ? La ville, le pays, le continent ? Le monde ? Peut-être Icare était-il le dernier musicien en capacité de jouer, faute de concurrents ? Dans ce cas, partager ce qu'il considérait comme un trésor n'était plus une hérésie mais relevait du salut de l'humanité, dans sa conception propre de la musique et de l'importance que cela avait pour lui. Et puis, Mythri était certainement une des seules personnes avec qui il l'aurait fait de toutes façon, avec Morgan.

    Dans un sourire, Icare entreprit de répondre.

    — On a déjà fait des trucs normaux. Genre, promener un chien et tuer des parasites...

    Oui c'est de Sun Plaza et de Guernica que je parle, oui c'est de l'humour, rigole pitié.

    — Heu, je sais pas si je suis le meilleur des profs, mais je suppose que je peux tenter. Mais je pense pas que tu aies tout oublié, la musique c'est comme le vélo. Tu te rouilles si tu pratiques pas, mais t'oublies jamais.

    Le blond lui tendit alors l'instrument, ne sachant que trop faire ni par où commencer. Une petite voix quelque part lui suggéra de commencer par le début ; il suffaisait donc, pour l'instant, de voir comment la petite indienne tenait l'objet, et d'aviser ensuite.

    Voir d'abord, improviser en fonction.
    Comme il l'avait toujours fait.


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Mythri
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MessageSujet: Re: Standing on the edge | Mythri   Dim 1 Nov - 14:49



    Mythri eut un petit rire.

    ─ Je préferai nettement l'époque où on pouvait se débarrasser des parasites avec un pshit d'anti-puces acheté pour 15$ chez le véto.

    Pas de panique Icare : Mythri a un sens de l'humour encore plus douteux que le tien. Du genre qu'on ne prend même pas la peine de déterrer, pour le salut de l'humanité. Mais parfois, il pouvait s'avérer utile. Il créait certes des situations socialement gênantes, mais il pouvait aussi, parfois, briser la glace. C'était pour ça qu'elle continuait, même si ces petites piques qu'elle lançait régulièrement ne pouvaient même pas prétendre au noble de titre de boutades -non, même pas ça.

    — Heu, je sais pas si je suis le meilleur des profs, mais je suppose que je peux tenter. Mais je pense pas que tu aies tout oublié, la musique c'est comme le vélo. Tu te rouilles si tu pratiques pas, mais t'oublies jamais.

    La jeune indienne eut une moue dubitative. Moui... Elle avait toujours préféré la marche à pieds au vélo, et le chant au violon. Mais elle n'était pas non plus du genre à chanter des comptines autour d'un feu de camp -elle avait une vision un peu plus rythmée de la musique. Et son baladeur n'était même plus là pour en témoigner... batterie foutue. Un jour, il faudrait qu'elle aille faire un tour dans la maison de musique du mall. Peut-être trouverait-elle un album des RHCP Et alors, elle ne demanderais plus rien à la vie -presque plus rien.

    ─ Ouais, enfin ça fait quand même plus de dix ans !

    Elle saisit l'instrument et le cala sous son menton. Elle dut s'y ajuster tant bien que mal : bien sûr, le contact du bois contre son épaule n'était plus familier. Elle saisit l'archet de sa main gauche -elle avait eu du mal à retrouver le nom de ce truc dans sa mémoire, c'était mauvais signe- tandis que sa main droite se familiarisait avec le manche, les cordes. Elle essaya de tirer quelques notes simples de l'instrument, faisant glisser l'archet avec autant de dextérité qu'elle le pouvait, pendant mois de cinq secondes. Assez pour entendre un son qui n'était pas vilain, mais qui n'était pas ce qu'elle voulait non plus. Pour l'harmonie, il faudrait repasser un autre jour. Elle fit une grimace, et réessaya, plaçant ses doigts autrement, tournant le poignet qui tenait l'archer d'un centième de degré tandis qu'elle le plaçait contre les cordes. Un son différent, mais ça n'était toujours pas ça.
    Elle n'arrivait même plus à se souvenir de celui qui avait été son professeur, dans le temps.

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MessageSujet: Re: Standing on the edge | Mythri   Jeu 5 Nov - 22:28

[Juste, Mythri est gauchère ? Parce que la tenue 'traditionnelle' du violon se fait de la main gauche, l'archet de la droite - non en vrai je doutais, j'suis allé vérifier]

    ─ Je préferai nettement l'époque où on pouvait se débarrasser des parasites avec un pshit d'anti-puces acheté pour 15$ chez le véto.

    Okay meuf, on va bien s'entendre.
    Une vague seconde, Icare regretta de ne pas avoir découvert Mythri - puisque rencontrée, bon, c'était plus ou moins déjà fait, en même temps que tous les autres habitants du mall - dans d'autres circonstances que celle d'une course poursuite impliquant un chien, eux-mêmes et une bonne soixantaine de zombies. Peut-être qu'ils auraient autrement eu davantage l'occasion de discuter et de partager sur ce qu'ils étaient vraiment... A y réfléchir, c'était pas si mal que les choses se soient déroulées ainsi ; ils s'étaient de cette façon épargné les pénibles salamalecs, les habillages de bonnes intentions dont se paraient les discussions de complaisances. Et dans un contexte de révolution apocalyptique, c'était assez effarant pour lui de voir que la plupart des gens conservaient cela.

    C'était si peu productif.
    Mais après, les gens avaient des chiens, donc niveau productivité...

    ─ Ouais, enfin ça fait quand même plus de dix ans !

    Point cohérence : entre les deux répliques de Mythri se trouve celle d'Icare. Point cohérence off.
    Le jeune homme la regarda placer l'instrument, l'air peu convaincue. Elle saisit l'archet d'une main mal assuré et tenta de tirer un son de l'instrument. Ça n'était pas franchement juste, mais pas vraiment incorrect non plus, ce qui était assez positif. Une seconde tentative obtint un son légèrement meilleur : au moins, elle avait l'oreille pour se rendre compte de ce qui était mauvais ou non, ce qui n'était pas donné à chaque élève. D'un oeil aussi expert que possible, Icare tenta de déceler les failles dans la posture de son élève de circonstances.

    Puisqu'il était supposé être prof.

    — C'est pas si terrible !

    Il marqua une pause.

    — Essaie de relever le coude qui tient l'archet ? Il me semble trop bas.
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MessageSujet: Re: Standing on the edge | Mythri   Mar 10 Nov - 9:35


    [Bien sûr que je l'ai fait exprès voyons, what else u__u *sort* tu viens donc de m'apprendre que Mythri est gauchère :b]

    Mythri s’exécuta aussitôt, tentant de rectifier le tir un peu mieux qu'elle ne l'avait fait seule. Elle dut se réajuster encore une fois, ayant levé le coude avec un peu trop d'enthousiasme. Elle arrivait à peu près à sentir que ce qu'elle faisait n'allait pas, par une sorte de vieille mémoire du corps. En même temps, elle avait passé tellement d'heures à jouer, à cette époque... Son père y veillait.
    Mythri finit par tirer du violon une version enfantine de Twinkle, Twinkle, Little Star, comptine enfantine qu'elle avait appris à jouer en son entièreté par le passé. Cette fois, elle ne fit que les notes principales, mais l'air était reconnaissable.

    Elle s'interrompit après cela, baissant momentanément le violon -elle n'avait plus l'habitude, et il commençait à lui faire un peu mal, sans doute ne le tenait-elle pas si bien qu'elle le pensait.

    ─ À moi les grandes danses celtiques...

    Elle eut un grand sourire, et, comme une gamine face à son professeur, lui demanda :

    ─ Tu saurais en jouer une toi ?

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MessageSujet: Re: Standing on the edge | Mythri   Jeu 3 Déc - 12:08

    C'était amusant.
    Son morceau, simple et un tantinet enfantin par sa simplicité, se mariait à ravir avec ses sourcils froncés et sa mine un peu juvénile. Ainsi, Mythri ressemblait à un jeune enfant extrêmement concentré sur sa tâche, enfant qui lui faisait un peu penser à sa propre personne, bien des années plus tôt, alors qu'il préparait son entrée au conservatoire. Si les heures de pratique quotidienne lui avaient laissé un souvenir plus morne que positif, l'expérience qu'il en avait tirée avait posé les bases d'un talent très clair pour l'instrument, talent qui aurait très bien pu le mener loin, s'il avait eu de l'ambition. Ou si certains évènements n'étaient pas venus perturber son existence de manière durable, brisant avec méthode sa volonté de jouer dans un orchestre symphonique, ou même d'en devenir virtuose, alors même que son irrésistible ascension aurait très bien plus le lui permettre.

    ─ À moi les grandes danses celtiques...

    La jeune fille le regardait désormais avec un grand sourire, sourire qu'il se souvenait avoir abordé lui aussi, fierté infantile de satisfaire les parents par un morceau réussi.

    — Tu te sous-estime, c'était plus qu'honorable !

    ─ Tu saurais en jouer une toi ?

    Le jeune homme récupéra l'instrument que lui tendait la jeune indienne et le plaça, fouillant dans sa mémoire quels morceaux il avaient dans ce répertoire. A l'instar d'une pléthore d'autres styles, il en possédait un nombre assez conséquent, des simplissimes aux plus techniques. Toutefois, il n'était certainement plus en mesure de jouer ces derniers, au regard de la pratique plus qu'irrégulière qu'il avait eu ces derniers temps. Il en trouva cependant une, logée dans un recoin de sa mémoire, qui devait être tout à fait faisable de manière à peu près correcte. C'était une [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] - selon la description youtube de la vidéo - qu'il avait apprise des années auparavant. Il s'en sortit avec une relative aisance, coupant certains passages trop techniques ou qui allongeaient plus que de raison le morceau, histoire de conserver, tout de même, l'image d'une certaine technique. Globalement, il était assez peu satisfait.

    Il ne l'était jamais.

    — Je manque encore de pratique, je pourrais pas faire beaucoup mieux je pense...

    Il fit une pause, puisque je n'arrive jamais à justifier les silences de mes personnages en RP autrement.

    — Il est tard non ? On devrait peut-être sortir ?

    Il se leva, se dirigeant de manière presque inconsciente vers la porte du dortoir.

    [On s'en refait à l'extérieur du refuge ? J'trouve que celui-ci s'essouffle un peu o/]
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MessageSujet: Re: Standing on the edge | Mythri   Jeu 3 Déc - 14:57


    [Ouep pas de problèmes ! Je te laisse commencer où tu veux comme ça on peut clore ce topic sur ce post!]

    Mythri envoya un grand sourire à Icare.
    Au contraire, je trouve que c'était merveilleux. Elle ne lui dit pas, bien sûr, ne voulant pas le gêner. Ce n'était pas parfait, bien sûr. Mais retrouver ces airs qu'elle affectionnait tant lui mettait du baume au coeur.

    ─ J'avais oublié à quel point la musique peut faire du bien. Merci !

    Mythri n'était jamais tout à fait à l'aise avec les relations sociales, malgré son caractère naturellement extraverti. Elle ne savait jamais exactement comment se comporter, que dire, et, même si elle le faisait la plupart du temps naturellement bien, elle avait toujours un peu peur d'être en décalage par rapport à son interlocuteur et à ses attentes. Icare l'avait impressionnée avec son numéro, et il était typiquement dans le nombre des personnes que Mythri n'avait pas envie de mettre mal à l'aise. Avec Alice, Morgan et Malik, il était l'un de ceux que Mythri appréciait le plus au refuge. Il faut dire, pour sa décharge, qu'elle n'avait pas vraiment eu l'occasion de passer beaucoup de temps avec les autres, malgré les sept mois qui s'étaient déjà écoulés depuis cette fin de matinée pluvieuse qui l'avait conduite jusqu'ici.

    ─ Il est tard non ? On devrait peut-être sortir ?

    Mythri acquiesça. Elle n'avait aucune idée de l'heure qu'il pouvait être -encore un truc qui lui manquait, une montre- mais approuvait cette idée. Comme dit plus haut, elle était un peu mal à l'aise à rester trop longtemps sans rien faire, seule avec un presque-inconnu. Bien sûr, Icare n'était pas un inconnu, mais Mythri avait cette impression même avec ses amis : elle n'aimait pas tellement se poser et discuter longtemps. Parce qu'elle ne savait jamais vraiment quoi dire, et avait peur d'ennuyer son interlocuteur.

    ─ Ca marche pour moi.

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MessageSujet: Re: Standing on the edge | Mythri   Aujourd'hui à 13:30

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